Recrutement
&
talents

Formation digitale : quand l’IA favorise l’apprentissage

Le | Element

Adapter la forme et le contenu d’une formation au profil, aux besoins et au style d’apprentissage de chaque apprenant ; fournir des conseils et recommandations personnalisés ; booster et pister l’efficacité pédagogique d’un parcours. En matière de digital learning, l’IA est pleine de promesses. En pratique, les usages restent encore assez limités.

C’est d’abord pour répondre à des besoins de conformité et de pilotage que les logiciels de gestion de la formation ont exploité l’intelligence artificielle. Depuis 2015, Cornerstone on Demand est doté une fonctionnalité permettant d’anticiper le risque qu’une population cible ne finisse pas une formation obligatoire dans les temps, par exemple.

« Nous existons depuis 20 ans, nous avons plus de 40 millions d’utilisateurs : en tant qu’éditeur de logiciel, les données, nous les avons », explique Geoffroy de Lestrange, Product Marketing & Communication Director EMEA de ce grand LMS américain.

Data et contenus : double carburant de l’IA

Grâce au machine learning, de nombreux learning management systems (LMS) se sont inspirés de Netflix pour recommander des contenus de formation aux apprenants, en fonction de leur profil métier, des cours en ligne déjà visionnés, etc.

Pour être pertinent et viser juste, faut-il encore pourvoir s’appuyer sur un catalogue suffisamment large et au goût du jour. Car la valeur ajoutée d’une IA ne dépend pas seulement de la qualité de son algorithme, mais aussi de la quantité et de la diversité de grain qu’on lui donne à moudre.

Pour ce faire, Cornerstone a d’abord fait le choix de s’adosser à des partenaires concepteurs de formation (Cegos, Ted Talks), avant de développer un outil permettant de sourcer et suggérer automatiquement aux apprenants des contenus gratuits identifiés sur le Web. « Nous venons de lancer DNA, une offre de nano-learning destinée aux digital native et créée par Cornerstone », ajoute Geoffroy de Lestrange. Face au potentiel offert par l’IA dans le digital learning, la bataille semble surtout se jouer sur le terrain du contenu.

Et l’efficacité dans tout ça ?

La tendance de l’adaptive learning, dont on parle tant, consiste-t-elle seulement à mettre en avant la bonne thématique de formation à la bonne population cible au bon moment ? MySeriousGame utilise l’IA pour tester empiriquement des modèles pédagogiques, les réajuster - et ainsi optimiser l’efficacité de ses formations digitales.

« Certains apprenants sont scolaires et cartésiens : pour apprendre efficacement, ils ont besoin d’un contenu explicite et hyper structuré. D’autres ont besoin de jouer ou de confronter leurs idées. Le défi de l’adaptive learning, c’est d’être capable de déceler très vite le profil de l’apprenant afin que le contenu s’adapte non pas seulement sur le fond, mais aussi sur le format et sur les modes d’évaluation », explique Frédéric Kuntzmann, CEO de MySeriousGame.

Sur quelque 500 contenus de formations livrés chaque année par la start-up, seule une dizaine intégreraient une dimension d’adaptive learning. Le frein est financier, mais pas seulement. « Les entreprises sont parfois réticentes au recueil de données, même si on constate de plus en plus d’ouverture », conclut le CEO.

A quand la création de contenus par l’IA elle-même ? Aux Etats-Unis, l’application Wibbitz permet déjà de créer automatiquement des modules sur un thème donné, en compilant des fragments d’articles de presse, des images et des vidéos, le tout accompagné d’une voix-off générée automatiquement. Ce type d’outils dopés à l’IA devront aussi faire leurs preuves en matière d’efficacité pédagogique.

(article de Gaëlle Fillion)

Transférer cet article à un(e) ami(e)