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Métiers en 2030 : une vue prospective entre création et remplacement d’emplois

Par Philippe Guerrier | le | Analyse

France Stratégie et la Dares ont publié une étude commune sur les métiers qui vont recruter à l’horizon 2030. 800 000 emplois seraient à pourvoir chaque année d’ici 2030. Quels sont les secteurs porteurs ?

Métiers 2030 : une étude prospective signée France Stratégie - Dares - © D.R.
Métiers 2030 : une étude prospective signée France Stratégie - Dares - © D.R.

Quels sont les métiers qui seront indispensables à l’horizon 2030 ? France Stratégie, organisme de réflexion, d’expertise et de concertation placé auprès du Premier ministre, a réalisé une étude en partenariat avec la Dares*.

Intitulée « Métiers 2030 : quels métiers recruteront à l’horizon 2030 » et rendue publique le 10 mars 2022, elle permet de dresser un panorama chiffré des perspectives des métiers à l’horizon 2030 et de distinguer les grandes tendances sur les plans :

  • démographiques,
  • économiques,
  • technologiques,
  • environnementaux.

L'étude s’appuie sur plusieurs scénarios macroéconomiques post-crise qui tiennent compte à la fois « des changements de comportements induits par la crise sanitaire et des efforts de lutte contre le réchauffement climatique qui seront déployés à l’horizon 2030 ».

« Le scénario macroéconomique de référence repose pour l’essentiel sur des évolutions démographiques et macroéconomiques tendancielles qui concernent notamment :

  • la population active,
  • les gains de productivité,
  • le contexte international,
  • les politiques mises en œuvre.

Pour chaque métier, les postes à pourvoir sont la somme des créations nettes d’emploi et des départs en fin de carrière.

Métiers en 2030 : postes à pourvoir et déséquilibres potentiels par métiers - © France Stratégie
Métiers en 2030 : postes à pourvoir et déséquilibres potentiels par métiers - © France Stratégie

Les principaux enseignements

L’un des objectifs de l’étude « Métiers en 2030 » est de quantifier ces déséquilibres potentiels par métiers, « afin de guider les politiques et les décisions individuelles, en matière de formation initiale, d’orientation des personnes en recherche d’emploi, de reconversion des actifs en emploi ou de recours à l’immigration », selon les auteurs du rapport.

Voici quelques principaux enseignements décortiqués :

  • 800 000 emplois seraient à pourvoir chaque année d’ici 2030, entre les besoins de recrutement engendrés par les départs en fin de carrière et le dynamisme naturel de l’emploi en fonction des secteurs d’activités ; 
  • Selon un « scénario de référence retenu », 1 million d’emplois seraient créés entre 2019 et 2030, dont les deux tiers dans les services marchands. Une tendance qui conduirait à une baisse progressive du chômage structurel. Dans ce cas, » les besoins de recrutement seraient tels dans certains métiers que la demande d’emploi ne serait pas pleinement satisfaite par les seules entrées de jeunes sur le marché du travail » selon les auteurs du rapport ;
  • La croissance de l’emploi dans les services serait équivalente à celle de l’emploi global d’ici 2030, ce qui confirme une tertiarisation de l'économie.
  • 1,8 million d’emplois occupés par des diplômés du supérieur seraient créés entre 2019 et 2030, alors que les emplois exercés par ceux qui n’ont pas dépassé le baccalauréat diminueraient de près de 800 000 ;
  • 40 % des créations d’emplois exercés par des diplômés du supérieur seraient concentrées dans 3 secteurs : activités juridiques, comptables et de gestion, services administratifs et de soutien, commerce. 

Les 5 métiers les plus créateurs d’emplois entre 2019 et 2030

Les quatre métiers les plus créateurs d’emploi (entre 110 000 et 115 000 chacun) seraient :

  • les ingénieurs informatiques (+26 %). C’est le métier en plus forte expansion avec 115 000 postes d’ingénieur de l’informatique en plus jusqu’en 2030 ;
  • les infirmiers-sages-femmes (+18 %) ;
  • les aides-soignants (+15 %) ;
  • les cadres commerciaux et technico-commerciaux (+17 %).

Par domaine d’activité, le métier d’aides à domicile arrive en cinquième position avec près de 100 000 créations d’emploi (+18 %).

Les métiers les plus créateurs d’emplois entre 2019 et 2030 - © D.R.
Les métiers les plus créateurs d’emplois entre 2019 et 2030 - © D.R.

Les métiers qui comptent le plus de postes à pourvoir

Pour chaque métier, les postes à pourvoir sont la somme des créations nettes d’emploi et des départs en fin de carrière. Au niveau global, de 2019 à 2030, les postes à pourvoir s’établiraient à 760 000 chaque année, les départs en fin de carrière représentant 90 % du total.

Voici un tableau récapitulatif des métiers comptant le plus de postes à pourvoir : 

Les métiers comptant le plus de postes à pourvoir dans le scénario de référence entre 2019 et 2030 - © D.R.
Les métiers comptant le plus de postes à pourvoir dans le scénario de référence entre 2019 et 2030 - © D.R.

Trois catégories de métiers se distinguent :

  • les métiers pour lesquels les postes à pourvoir correspondent essentiellement à des départs en fin de carrière : agents d’entretien, enseignants, conducteurs de véhicules et des vendeurs ;
  • les métiers où les créations d’emploi contribueraient pour au moins un quart des postes à pourvoir : cadres administratifs, comptables et financiers, cadres commerciaux et technico-commerciaux, les aides-soignants et aides à domicile, infirmiers, sages-femmes…
  • les ingénieurs de l’informatique et les ingénieurs et cadres techniques de l’industrie : compte tenu du dynamisme de marché, les postes nouvellement créés représentant au moins la moitié des postes à pourvoir.

Sous un autre angle, les experts de France Stratégie et de la Dares ont établi une typologie des métiers en fonction de leurs modes d’alimentation et de leur dynamisme démographique et économique. Ils rangent les métiers en quatre catégories : 

  • les « métiers attractifs » dans le droit, le paramédical, les études et la recherche,
  • les « métiers de première expérience » qui constituent des tremplins vers d’autres professions (vendeurs) ou vers un poste de plus haut niveau (industrie)
  • les « métiers de seconde partie de carrière » : aide à domicile, entretien, transport…
  • les « métiers qui ont du mal à attirer » : personnels de ménage, agriculteurs, secrétaires, ouvriers 

*Dares : Direction de l’animation de la recherche, des études et des statistiques, rattachée au ministère du Travail

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