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Recrutement et IA : Muzzo renouvelle l’approche de chasseur de tête

Par Philippe Guerrier | le | Site emploi spécialisé

La start-up, cofondée par Antoine Gigomas et Pierre-Louis Le Portz, a levé 2,1 millions d’euros pour développer une plateforme qui accélère le matching entre recruteurs et employeurs.

Pierre-Louis Le Portz et Antoine Gigomas, cofondateurs de Muzzo - © D.R.
Pierre-Louis Le Portz et Antoine Gigomas, cofondateurs de Muzzo - © D.R.

« Avec Muzzo, nous voulons faire gagner du temps à l’employeur en le mettant en contact directement avec les meilleurs acteurs du recrutement », indique Antoine Gigomas, le CEO qui a fondé la start-up éponyme en novembre 2020 avec Pierre-Louis Le Portz, un autre entrepreneur issu des technologies numériques qui a pris la fonction de CTO.

Le 23 novembre 2021, Muzzo a bouclé la levée de fonds de 2,1 millions d’euros auprès du fonds d’investissement Breega, avec le soutien de Bpifrance et d’un pool d’entrepreneurs du numérique dont Xavier Niel (dirigeant fondateur d’Iliad-Free).

« Avec le démarrage de Muzzo, c’est dans le secteur du numérique que nous avions le plus de demandes. Nous avons commencé avec le recrutement de développeurs, puis avons élargi à d’autres profils comme les commerciaux, les experts produits ou de marketing. Maintenant, nous passons aux domaines du BTP, de la santé ou de la restauration. Actuellement, nous devons recruter plus de 1000 personnes avec l’appui de 200 recruteurs actifs pour le compte de 100 employeurs actifs », indique Antoine Gigomas.

Focus sur la mise en relation entre recruteurs et employeurs

« Avec notre plateforme Muzzo, nous favorisons la mise en relation entre des employeurs et des chasseurs de tête pour accélérer le recrutement de talents ou de profils pénuriques », déclare Antoine Gigomas.

« Nous n’avons pas le profil de chasseur de têtes. Nous n’intervenons jamais entre le candidat, le recruteur et l’employeur. Nous nous concentrons sur le meilleur matching pour permettre le recrutement le plus vite possible. »

Il détaille le double dispositif à travers la plateforme disponible dans le cloud (mode SaaS) :

  • Côté recruteur, un système de qualification a été mis en place. Muzzo établit leurs profils, leurs spécialisations de métiers et leurs méthodes de travail.
    « Nous suivrons aussi la performance des recruteurs avec lesquels nous travaillons et établirons son taux de réussite en fonction du nombre de missions attribuées, du nombre de dossiers de recrutement bouclés, du niveau de qualité des profils envoyés à l’employeur et de sa vitesse d’exécution du recrutement à accomplir. »
    Muzzo travaille essentiellement avec des recruteurs indépendants spécialisés sur un à trois métiers.
  • Côté employeur, nous utilisons les données collectées du côté des recruteurs pour émettre des recommandations lorsque l’employeur mettra en ligne son offre d’emploi pour des profils pénuriques.
    « Nous disposons d’un algorithme qui scanne l’offre d’emploi selon des critères simples : catégorie de jobs, localisation géographique, niveau d’expérience, rémunération proposée… L’algorithme, basé sur l’intelligence artificielle, détermine les recruteurs les plus performants en fonction de l’offre d’emploi et du métier. Une fois la sélection de recruteurs réalisée par Muzzo, nous passons la main à l’employeur pour identifier avec eux le bon profil recherché. »
    Muzzo propose à l’employeur un contrat unique pour collaborer avec plusieurs recruteurs en simultané, ce qui permet de gagner du temps en négociation et en contractualisation dans le processus de recrutement.

La start-up dispose de premières références clients comme Leroy Merlin, le ministère de la Culture, PayFit, Qonto ou Xerfi.

La prime de succès au cœur du modèle de Muzzo

« Nous avons un business model particulier : l’accès à la plateforme est gratuit pour l’employeur. Il ne paie qu’au succès. C’est lui qui fixe le montant des honoraires qu’il est prêt à payer sous la forme d’une prime de succès associée en cas de recrutement ferme. En revanche, le référencement des cabinets de recrutements ou recruteurs indépendants est payant sur Muzzo », explique Antoine Gigomas

« En moyenne, nous parvenons à recruter un profil de développeur en un mois et demi. En règle générale, le délai est plutôt de trois mois. Pour les profils de commerciaux, nous pouvons aller encore plus vite. »

Le modèle économique repose sur la prime de succès associée en cas de recrutement ferme du côté de l’employeur. Le seuil est fixé à à 20 % du salaire annuel brut de la personne à recruter.

« C’est le minimum des chasseurs de tête dans le secteur technologique et cela peut monter au-delà de 30 % pour des profils de dirigeants. La jauge se situe entre 20 et 30 %. Il y a un partage de cette commission entre le chasseur de tête et Muzzo », indique Antoine Gigomas.

Des gros concurrents d’origine américaine

Muzzo vise un chiffre d’affaires d’1 million d’euros pour son premier exercice et voudrait « au moins tripler » son CA en 2022.

Le marché de la chasse de tête s’élève à 8 milliards d’euros en France, en croissance annuelle de 10 % entre 2015 et 2019, selon la start-up.

« Nous avons des gros concurrents aux États-Unis comme Recruiter.com et Scout. Sur ce modèle de mise en relation recruteur-employeur, nous sommes les seuls en Europe et nous voulons devenir le leader européen », déclare le cofondateur de Muzzo.

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