Formation

Bilan de compétences : 82 % des bénéficiaires gagnent en confiance, mais les RH le proposent encore peu


Six mois après leur bilan de compétences, 82 % des bénéficiaires accompagnés par les CIBC (centres interinstitutionnels de bilan de compétences) déclarent avoir gagné en confiance professionnelle, selon les données publiées le 22/10/2026 par leur fédération nationale, à l’occasion des 40 ans du dispositif.

Près d’un tiers a changé de métier ou engagé une reconversion.

Un outil qui reste pourtant peu prescrit par les directions RH, par crainte de voir partir les salariés.

Colloque 40 ans du bilan de compétences - © D.R.
Colloque 40 ans du bilan de compétences - © D.R.

À retenir

  • 82 % des bénéficiaires déclarent avoir gagné en confiance professionnelle six mois après leur bilan.
  • 89 % se disent satisfaits de l’atteinte de leurs objectifs.
  • 32 % ont changé de métier (9 %) ou sont engagés dans une reconversion (23 %).
  • 1 bénéficiaire sur 5 a suivi ou commencé une formation.
  • 60 % de ceux qui ont gagné en confiance ressentent moins de stress au travail.
  • Près de 9 % des bilans sont proposés par le service RH, selon Audrey Guidez (ANDRH).

Qui réalise un bilan de compétences en 2025 ?

Les employés représentent la moitié des bénéficiaires (50 %), devant les professions intermédiaires (20 %), les ouvriers (14 %) et les cadres (13 %). Le commerce et la distribution arrivent en tête (25 %), devant la santé et l’industrie (12 % chacun). Les femmes représentent 69 % des personnes accompagnées. Le dispositif touche aussi les actifs en milieu de carrière (36 % ont entre 35 et 44 ans) et les jeunes : près d’un bénéficiaire sur quatre a entre 16 et 34 ans.

Six mois après le bilan de compétences ?

34 % ont programmé leur reconversion. Parmi ceux qui ont gagné en confiance, 71 % estiment mieux concilier leur emploi avec leur état de santé.

L’écoute et le soutien arrivent en tête des facteurs de progression cités (36 % des réponses).

Le bouche à oreille reste le premier canal d’accès (29 %), devant Internet (16 %). Les acteurs de la santé au travail et les services sociaux orientent 14 % des bénéficiaires. Le prix n’arrive qu’en neuvième position des critères de choix d’un centre.

Le bilan de compétences, outil de départ ou de fidélisation ?

« Le réflexe de certains services RH et de certains patrons est de ne pas en parler, par crainte d’un départ, surtout en période de fidélisation et de pénurie », observe Audrey Guidez, membre du bureau national de l’ANDRH (Association nationale des DRH), lors du colloque du CIBC le 22/10/2026.

David Cluzeau, vice-président de l’Opco (opérateur de compétences) Uniformation, abonde : « Le bilan de compétences n’est pas l’antichambre du départ, c’est un espace qui permet de mettre en mouvement une évolution professionnelle. »

Audrey Guidez pointe aussi un déficit de connaissance des dispositifs : lors d’un événement avec le CIBC de Gironde, la grande majorité d’une quarantaine de DRH ne connaissait pas l’ensemble des processus. Elle propose d’aller plus loin : « on pourrait envoyer à chaque citoyen un courrier présentant cet outil, à tout âge, comme on le fait pour les rendez-vous médicaux de prévention. »

Comment le financer après les plafonnements du CPF ?

Le bilan de compétences et le CPF (compte personnel de formation) ont été touchés par des plafonnements, rappelle David Cluzeau, qui note que les fonds légaux des Opco diminuent alors que les cotisations et contributions augmentent.

Uniformation mobilise sa contribution conventionnelle pour compléter le financement du CPF des salariés expérimentés, après la baisse du financement du bilan en 2026. Les intervenants plaident pour mieux articuler bilan, entretien professionnel et CEP (conseil en évolution professionnelle).

Questions fréquentes

Le bilan de compétences est-il efficace ?
Oui. 82 % des bénéficiaires gagnent en confiance professionnelle et 89 % se disent satisfaits de l’atteinte de leurs objectifs six mois après. (Fédération nationale des CIBC).

Un bilan de compétences mène-t-il forcément à un départ ?
Non. 9 % des bénéficiaires ont changé de métier six mois après. Pour l’ANDRH, l’outil accompagne aussi le salarié qui veut conforter son poste.

Comment financer un bilan de compétences en 2026 ?
Principalement via le CPF, désormais plafonné ; certaines branches, comme celle d’Uniformation, complètent avec leur contribution conventionnelle.

Tags : Formation · Bilan de compétences · Reconversion · CPF · Opco · Parcours professionnels

Sources