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Santé mentale : teale lève 2 millions d’euros pour décomplexer les salariés

Par Philippe Guerrier | le | Bien-être au travail

Hébergée à Station F, la start-up teale développe une application mobile commercialisée auprès des DRH et mise à disposition des salariés pour évaluer leur santé mentale.

teale lève deux millions d’euros : l'équipe fondatrice s’intéresse à la santé mentale des salariés - © D.R.
teale lève deux millions d’euros : l'équipe fondatrice s’intéresse à la santé mentale des salariés - © D.R.

La crise Covid-19 va probablement réveiller les consciences sur la nécessaire protection de la santé mentale des collaborateurs d’entreprise.

La start-up teale, fondée en janvier 2021 par Geoffroy Verzat, Nicolas Merlaud, Julia Néel Biz et Gilles Rasigade), vient de lever 2 millions d’euros pour sensibiliser les entreprises à ce thème à travers une application mobile. Alors que la genèse de ce projet par le quatuor d’entrepreneurs remonte à début 2020.

Financement : qui soutient teale à l’amorçage ?

Hebergée à Station F par le biais du Founders Program (le programme d’accélération du campus d’innovation de Xavier Niel), teale est soutenue par un bouquet de fonds d’investissements : 
ISAI (regroupant principalement des entrepreneurs du numérique) ;
Kima Ventures (fonds de Xavier Niel, dirigeant d’Iliad-Free) ;
Evolem (créé par Bruno Rousset, fondateur d’April).

Et des business angels comme :
• Frédéric Montagnon et Julien Romanetto (fondateurs d’Overblog et de Teads) ;
• Thibaud Elzière (Fotolia, eFounders) ;
• Yann Hascoet (Chauffeur Privé devenu Kapten puis Free Now).

Au-delà de l’application burn-out

A travers son application commercialisée depuis avril auprès des entreprises, teale permet permet à tout utilisateur :

  • d’évaluer et de visualiser leur état de bien être mental, grâce à un indice créé spécifiquement* ;
  • d’accéder à un parcours digital personnalisé (programmes d’auto-thérapie, outils interactifs, exercices de mise en pratique) ;
  • de prendre rendez-vous avec un thérapeute certifié. A partir de juin, un module de téléconsultation sera intégré.

Application teale - © D.R.
Application teale - © D.R.

Sujet initialement tabou, la problématique de la santé mentale par les entreprises est désormais prise au sérieux au regard de la crise sanitaire : en 2020, un salarié sur deux se déclarait en proie à une détresse psychologique (RPS).

Favoriser la prévention plutôt que de subir la curation, c’est aussi un sujet de dépense publique : les troubles mentaux représentent le plus gros poste de dépenses de l’Assurance Maladie, devant les cancers et les maladies cardiovasculaires : 19,3 milliards d’euros selon les indicateurs fournis par l’équipe de teale.

« Nous avons souvent une vision de maladie associée à la santé mentale. Pour démarrer teale, nous sommes plutôt partis de la définition de l’OMS : la santé mentale est un état de bien-être dans lequel on est capable de se réaliser en tant qu’individu, de faire face aux difficultés de la vie, de contribuer productivement à son entourage, de créer des relations, etc. », évoque Julia Néel Biz, qui a pris les fonctions de CEO.

« Il faut percevoir l’application teale comme une application mobile qui aide les collaborateurs à prendre soin de leur santé mentale au quotidien sous un angle holistique et de façon préventive et personnalisée. Nous ne sommes pas qu’une application anti-burn out », précise-t-elle.

Les premiers clients sont rattachés à l’écosystème des start-ups du numérique comme 360learning, Meero ou Tiller. « Nous sommes aussi en discussion ou en déploiement avec des assurances », esquisse Julia Néel Biz.

Du côté des Etats-Unis, des start-ups au positionnement similaire de teale sont devenues des « licornes » comme Lyra Health, Modern Health ou Talkspace.

Un modèle de souscription qui s’adresse d’abord aux DRH

L’application teale est disponible sur les deux principales places de marché d’application mobiles (Apple Store et Google Play) mais la start-up s’adresse d’abord aux DRH en entreprise pour faciliter son adoption par les salariés.

Elle a adopté un modèle de souscription (« un certain montant par salarié et par mois pendant une période donnée »). Dans les packages établis, le tarif varie notamment en fonction du nombre de séances prises avec le réseau d’une vingtaine d’experts thérapeutes partenaires.

A l’instar d’une autre plateforme comme Prev & Care destinée aux salariés aidants, l’application teale doit veiller à l’étanchéité des informations fournies par le salarié et celles transmises au DRH au nom de la protection de la vie privée.

« La confidentialité est une question essentielle », souligne Julia Néel Biz. « Nous ne faisons remonter au DRH que des indicateurs d’usage et d’engagement et des données agrégées et anonymisées. »

Quant à l’application teale, elle bénéficierait d’un niveau élevé de sécurité (« security by design ») et de chiffrement des données.

La start-up exploite des algorithmes de machine learning pour la personnalisation mais aussi prochainement de matching pour rapprocher les salariés des profils des thérapeutes les plus appropriés.

Indice teale de santé mentale : les cinq piliers

L’indice propriétaire de teale, monté avec des experts thérapeutes, repose sur cinq dimensions elles-mêmes divisées en trois sous-dimensions :

• maîtrise de soi ;
• estime de soi ;
• relations interpersonnelles ;
• résilience ;
• épanouissement.

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