Recrutement
&
talents

Freelance.com, avec ses 50 millions € de CA, peut-il inspirer les job-boards ?

Le | Site emploi spécialisé

Précurseur dans les années 90, le site Freelance.com offre une plate-forme mettant en relation entreprises et prestataires indépendants. Au début centré sur les profils informaticiens, il s’est diversifié en intégrant les métiers de la communication et du conseil, tout en acquérant une dimension internationale

Freelance.com, avec ses 50 millions € de CA, peut-il inspirer les job-boards ? - © D.R.
Freelance.com, avec ses 50 millions € de CA, peut-il inspirer les job-boards ? - © D.R.

Depuis son démarrage en 1995, Freelance.com a subi de multiples mutations. Après un effort réalisé sur la diversification des métiers, le site qui se présente comme une passerelle entre travailleurs indépendants et entreprises semble avoir trouvé son rythme de croisière. Le trafic oscille actuellement entre 30 000 et 60 000 visites par semaine et la plate-forme recense plus de 10 000 entreprises en recherche de prestation (des grands groupes pour la plupart comme Microsoft, France Telecom ou IBM). Chaque semaine, entre 150 et 200 nouvelles entreprises viennent grossir les rangs des inscrits. Du côté des prestataires indépendants, le site comptabilise 80 000 personnes et réceptionne entre 700 et 1 200 nouveaux CV par semaine.

Afrique, Amérique du Nord et Asie

Avec un chiffre d’affaires de 50 millions d’euros, Freelance.com apparaît comme leader sur le marché français des freelances. C’est d’ailleurs en France que le site réalise encore 85 % de son chiffre d’affaires. Ce qui n’empêche pas la plate-forme de services de s’implanter progressivement à l’extérieur. « Les pays étrangers les plus représentés sont les pays du Maghreb francophone, les États-Unis, l’Inde et le Pakistan », énumère André Martinie, pdg de Freelance.com.

Fonctionnement à la commission

Le fonctionnement est relativement simple. Lorsqu’une entreprise est intéressée par les services d’un freelance sur le site, Freelance.com empoche une commission de 20 % sur le prix de la mission. « Quand le client commence à devenir plus important, nous pouvons aussi moduler les prix en fonction du nombre de missions », rappelle le président. Dans un contexte économique peu fiable, le recours aux freelances s’est intensifié dans les entreprises depuis le deuxième semestre de l’année dernière. « Elles continuent à innover mais n’embauchent pas pour autant », précise André Martinie.

Volet recrutement

Le site a également développé son offre de services à la demande de ses clients grands comptes. C’est à ce titre qu’un volet recrutement a fait son apparition en 2011. « Nous nous sommes rendus compte que le profil du freelance devient de plus en plus apprécié par les professionnels des RH », a pu observer André Martinie. Freelance.com a fait de la recherche de ces profils un point fort alors qu’elle dispose d’une CVthèque significative en la matière. Quant aux tarifs, ils sont sensiblement les mêmes que ceux pratiqués par les cabinets de chasseurs de tête. Autre service en forte expansion : le portage salarial qui représente aujourd’hui 35 % de l’activité.

Un exemple pour les job-boards

Un tel site de mise en relation entre indépendants et entreprises peut être une très belle source d’inspiration pour les job-boards. D’ailleurs, Jobboom, le site emploi n° 1 au Québec, vient de lancer Jobboom pigistes. Le job-board canadien à vocation généraliste a misé sur la diversification de ses activités pour poursuivre son développement. Il se compose désormais d’un site emploi classique, d’un site répertoriant les formations et d’une plate-forme d’échanges à destination des pigistes. Cette diversification n’a pas encore été tentée sur le marché français mais pourrait intéresser. Pour preuve, RegionsJob et Keljob ont déjà ouvert des sites formation. Alors, à quand une plate-forme freelance issue d’un job-board en France ?

Aurélie Le Caignec