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Gestion RH : e.Voyageurs SNCF bascule chez Workday en plein Covid-19

Par Philippe Guerrier | le | Core rh

Dans un webinar Workday, Isabelle Lerin-Basset, DRH de la filiale digitale de la branche Voyageurs SNCF, a expliqué comment la gestion RH a été rationalisée sur un socle unique dans le cloud.

Isabelle Lerin-Basset, DRH de e.Voyageurs SNCF : la migration du socle RH vers Workday - © BERNARD LACHAUD
Isabelle Lerin-Basset, DRH de e.Voyageurs SNCF : la migration du socle RH vers Workday - © BERNARD LACHAUD

C’est une belle prise pour Workday en France : l’adoption de sa plateforme RH par e.Voyageurs SNCF du nom de la filiale SNCF Voyageurs qui gère la dimension digital client (1500 collaborateurs entre Paris, Nantes et Lille) du groupe ferroviaire.

Elle gère des applications de mobilité comme OUI.sncf ou l’Assistant SNCF. Une activité qui représente un volume d’affaires de 5 milliards d’euros et vendu 122 millions de billets en 2019.

Le choix de Workday après appel d’offres a contribué « au renforcement de notre culture digitale et de l’innovation », selon Isabelle Lerin-Basset, DRH de e.Voyageurs SNCF, qui a apporté son témoignage lors d’un webinaire organisé le 2 février par son nouveau fournisseur de solutions RH.

e.Voyageurs SNCF - Logo - © D.R.
e.Voyageurs SNCF - Logo - © D.R.

Un outil RH unique pour arrêter six ou sept applications

« Nous avons eu le go live de notre plateforme Workday en juillet 2020 sans aucun jour de retard avec un accompagnement distanciel à partir du 15 mars [ndlr : lorsque le premier confinement a été annoncé]. La crise Covid-19 n’a pas impacté le projet ou la formation des collaborateurs », précise-t-elle.

Les employés et les managers accèdent à la plateforme à partir d’un système d’authentification unique (Single-Sign On ou SSO en anglais) et donnant accès à des droits pré-établis.

« Le retour d’expérience de Workday est positif. Nous avions cette conviction d’offrir un outil unique. Nous gérons actuellement un mouvement plus large dans le cloud. L’idée avec Workday était d’arrêter six ou sept applications utilisées pour nos différents processus : entretiens, paies, recrutements…Tout cela était très hétérogène, entraînant une complexité de gestion », évoque Isabelle Lerin-Basset.

« Nous étions dans l’impossibilité de générer de la data et des analyses pour mieux anticiper et piloter les ressources. Nous voulions mettre un terme aux usages de Microsoft Excel encore très utilisés dans les RH mais avec une confidentialité limitée. Les collaborateurs ont la main sur l’outil avec de la visibilité et de la transparence totale sur tous les processus. »

La DRH de e.Voyageurs SNCF reconnaît « quelques moments de douleurs comme des difficultés d’interface ou des petits bugs » dans l’intégration de la plateforme. « Cela fait partie de l’expérimentation, comme cela peut arriver quand nous proposons de nouvelles fonctionnalités à nos clients. Nous sommes en mode “test & learn” et les collaborateurs le comprennent parfaitement », évoque-t-elle.

Le projet avait été lancé fin 2019. Il a nécessité un « gros travail de nettoyage de données de notre part avec une reprise de données sous forme de bascule automatique », précise notre interlocutrice qui intègre ce projet dans une démarche de « conduite du changement et de paramétrages ».

Une équipe projet avait été constituée du côté de la filiale digitale de SNCF Voyageurs et une autre du côté de Workday qui était intervenue en tant qu’intégrateur direct de ce projet.

Recrutement : l’innovation fait partie de la stratégie d’attractivité

La jonction se ferait de manière native avec la politique de recrutement de e.Voyageurs SNCF. « Le déploiement de la plateforme Workday fait partie de la stratégie d’attractivité des candidats », évoque Isabelle Lerin-Basset.

Selon sa projection, 150 profils technologiques comme des développeurs back-end ou full-stack, des experts confirmés mobiles ou des project designers devraient être recrutés courant 2021.

« Depuis 2013, nous travaillons en mode agile et c’est attendu par les personnes recrutées. Nous montons des features teams et des squads qui fonctionnent en mode multi-métiers sous forme de mini-startups autonomes et responsables. Nous proposons des parcours d’innovation pour fidéliser nos collaborateurs comme des hackathons organisés sur l’année. Nous disposons de notre propre accélérateur de startups [plus de 24 montées depuis sa création en 2016]. »

Difficile de ne pas évoquer ce contexte si particulier de la crise Covid-19, synonyme de télétravail à grande échelle. « Le recrutement, qui est l’une de nos missions régaliennes, ne s’est pas arrêté, mais nous l’avons réalisé de manière différente et ajusté à nos besoins (…). Tous les processus de recrutement ont basculé 100 % à distance et nous avons mis en place un processus d’accueil très spécifique en jouant sur la valeur de la solidarité », évoque Isabelle Lerin-Basset.

« Nos équipes recrutements et talent acquisition étaient moins sollicités. Du coup, nous les avons formés pour accueillir les nouveaux salariés à distance et gérer le onboarding. Par exemple, le support informatique organisait des salles spécifiques abritant le matériel dédié que les nouveaux entrants venaient chercher à des créneaux horaires spécifiques », précise-t-elle lors de la session webinar.

Les contours du partenariat avec Yaggo

Pour affiner cette dimension du recrutement, e.Voyageurs SNCF travaille avec la startup Yaggo « pour enrichir l’expérience candidat, qui nous accompagne à monter des viviers de candidats », évoque Isabelle Lerin-Basset. La start-up précise de son côté qu’elle collabore avec la filiale digitale de SNCF Voyageurs depuis 2017 sur trois points :

• « améliorer les processus de recrutements via l’ATS de OUI.sncf » ;
• « répondre à l’ensemble des candidats, avec une attention marquée sur les candidatures spontanées » (plus de 27 000 par an depuis 3 ans) ;
• « fidéliser grâce à la création d’un vivier de profils pertinents »

« Une accélération de la transformation numérique de grandes organisations »

« A posteriori, cette crise bouleverse tous les équilibres. Elle a vraiment contribué à accélérer des changements organisationnels profonds que l’on aurait obtenu qu’au bout de plusieurs années [normales] », commente Isabelle Lerin-Basset. « Elle a été une formidable accélérateur de la digitalisation et pas uniquement pour la fonction RH et de nouveaux modes de travail, d’engagements et de solidarités. »

François Cadillon ne peut qu’acquiescer. Egalement intervenant à ce webinar, le Responsable Europe continentale (France, zone Bénélux et Europe du Sud) de Workday perçoit « une accélération de la transformation numérique de grandes organisations ».

« Nous voyons des gros appels d’offres dans ce sens. Certaines compagnies ont pris conscience de l’intérêt d’un socle commun pour gérer les ressources humaines », évoque-t-il.

La crise Covid-10 a servi de catalyseur pour des fonctionnalités plus poussées sur la platefome Workday en termes d’exploitation de l’intelligence artificielle, de reporting ou d’analyses de données.

« Il y avait beaucoup de consultations et de demandes d’information pour localiser les employés et les zones à risques face à la vague Covid-19 qui déferlait en Europe », précise François Cadillon.

Au cours de cette période mouvementée, Workday a séduit 2 clients importants américains :

  • le groupe de grande distribution Walmart (2,2 millions d’employés dans la boucle) ;
  • la firme de services informatique Accenture (500 000 employés).

En Europe, Workday revendique 700 clients, dont des références comme Michelin, Airbus, Thales, Sanofi, Pernod Ricard, Renault, BlaBlaCar, Doctolib mais aussi plus récemment Air Liquide et Franprix.

Fin janvier, Workday a annoncé le rachat de Peakon du nom d’un éditeur logiciel européen spécialisé dans l’engagement collaborateur. La transaction porte sur 700 millions de dollars.

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