Formation

DIF vers CPF : le gouvernement veut inciter les salariés à la bascule

Le |  Droit de la formation

D’ici l'échéance repoussée à fin juin 2021, le ministère du Travail compte « communiquer régulièrement » pour inciter les salariés à basculer leurs droits acquis au titre du DIF sur leur CPF.

Bascule DIF/CPF : Elisabeth Borne veut encourager les salariés à transférer leurs droits - © D.R.
Bascule DIF/CPF : Elisabeth Borne veut encourager les salariés à transférer leurs droits - © D.R.

C’est un sujet sensible à suivre sur 2021 dans le secteur de la formation en pleine mutation. La date butoir du transfert des droits acquis via le Droit Individuel à la Formation (DIF) sur Mon compte formation (CPF).

La décision avait été prise de modifier l'échéance initialement prévue fin 2020. Elle est désormais repoussée au 30 juin 2021. Mais il faut encore évangéliser sur les modalités du transfert voire sur l’usage du CPF. 

Le 21 janvier, Élisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, indique avoir adressé « un courrier aux chefs d’entreprise, aux fédérations professionnelles et aux partenaires sociaux pour leur rappeler la nécessité d’inciter les salariés à effectuer cette démarche et à se former, en particulier dans cette période ».

D’ici fin juin 2021, son ministère compte « communiquer régulièrement » pour inciter les salariés à basculer leurs droits acquis au titre du DIF sur leur CPF.

« Si plus d’un million de formations ont été dispensées via le CPF en 2020, il est important qu’un plus grand nombre de salariés s’en saisissent et basculent les droits qu’ils ont acquis au titre du DIF vers le CPF », indique le ministère.«  Ces droits peuvent représenter  »jusqu'à 1800 euros, pour ceux qui n’y ont jamais fait appel« .

Le report de la date butoir avait fait l’objet d’un amendement gouvernemental au projet de loi autorisant la prorogation de l'état d’urgence sanitaire et portant diverses mesures de gestion de la crise sanitaire, adopté en première lecture par l’Assemblée nationale le 24 octobre 2020.

CPF : les salariés et les entreprises doivent s’en  »saisir« 

Elisabeth Borne vigilante à l’intérêt porté du CPF
Elisabeth Borne vigilante à l’intérêt porté du CPF - © Ministères sociaux

 »Gérer les compétences est indispensable pour anticiper les évolutions des métiers, les évolutions des organisations et faciliter la mobilité professionnelle. La formation est un levier de compétitivité, de fidélisation et de motivation, qui, je le crois, doit être au cœur de notre stratégie« , déclare Élisabeth Borne.

Voici le lien pour accéder au mode d’emploi pour transférer le solde d’heures de DIF sur le CPF.

 »Il est primordial que les salariés et les entreprises se saisissent du CPF pour affronter les difficultés engendrées par la crise. Il s’agit d’un outil au service de la formation tout au long de la vie que nous voulons mobiliser dans la mise en œuvre du plan de relance, par exemple pour activer les abondements vers les certifications numériques ou vers les métiers d’avenir« , évoque la ministre du Travail.

DIF vers CPF : la CFDT souhaite que la date butoir disparaisse

• Le 19 janvier 2021, Yvan Ricordeau, Secrétaire national de la CFDT, a déclaré lors d’une table ronde de l’Association des journalistes de l’information sociale : « Lors du rendez-vous de mars 2021 avec le ministère du Travail sur l’agenda social, la CFDT demandera la suppression de la date butoir du 30 juin 2021 pour reporter sur son CPF les droits DIF restants. » 

• « Quand on voit que seuls 4.000 salariés bénéficient d’un abondement alors que l’objectif de la loi était de bâtir une société de la compétence, cela laisse entrevoir le chemin qui reste à parcourir. Il y a un ressort qui ne fonctionne pas aujourd’hui. Le CPF n’est pas personnel mais individuel et les entreprises ne se saisissent pas de cet objet-là par le dialogue social », a-t-il commenté.

Transférer cet article à un(e) ami(e)