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« Les job-boards se socialisent et les réseaux sociaux se job-boardisent » Eric Denaiffe & Thierry Delorme - ORC

Le | Site emploi généraliste

Elue “Agence de communication RH” en 2012, pour la seconde année consécutive, ORC - 7 bureaux, une centaine de consultants -  parvient à maintenir son activité malgré un marché de l’emploi chahuté. Eric Denaiffe, Président, et Thierry Delorme, Directeur associé, nous livrent leur vision du conseil en « Com RH », au regard des tendances structurelles ou éphémères qui bouleversent l’univers du recrutement

« Les job-boards se socialisent et les réseaux sociaux se job-boardisent » Eric Denaiffe & Thierry Del - © D.R.
« Les job-boards se socialisent et les réseaux sociaux se job-boardisent » Eric Denaiffe & Thierry Del - © D.R.



Qu’est ce qui fait la différence entre ORC et une autre agence concurrente ?

Tout d’abord, l’agence va bien. Nous avons maintenu notre CA autour de 30 millions d’euros en 2012 dans une ambiance de crise persistante. Notre force : des équipes stables, complètement dédiées à la sphère RH. ORC a une vraie reconnaissance sur toutes les problématiques de marque employeur : communication corporate, digitale, interne, etc. Tous ces facteurs nous permettent d’instaurer une relation durable avec nos clients.  Mais au-delà  de cette stabilité qui rassure, nous avons toujours été précurseurs. Les premiers à créer un job-board en 1997, à recruter sur Second Life, à lancer une campagne de recrutement sur mobile ou un live sur Twitter en 2009…

Quelles grandes tendances marqueront 2013 ?

Le recrutement multi-canal. Quand les réseaux sociaux se job-boardisent -  Facebook lance son application de recrutement en partenariat avec Monster… qui investit dans BeKnown -  les job-boards, eux, se socialisent. RegionsJob est extrêmement présent dans la galaxie des blogs, par exemple. Un bon recrutement ne se joue plus sur le volume de candidats sourcés ni sur le caractère innovant des solutions. La clé, c’est la qualité du sourcing. Pour trouver le bon candidat aujourd’hui, il faut encore compter sur la presse papier et sur les job-boards, en parallèle d’actions sur les réseaux sociaux, et d’approches physiques dans les écoles. Une réponse mono-média sera forcément mauvaise. On assiste aussi à la montée en puissance de la relation écoles. Depuis que l’expression « guerre des talents » a été lancée, c’est un terrain tangible de développement. Cela se traduit notamment par une « gamification » des outils, comme les serious games.

Le recrutement sur les réseaux sociaux est-il une menace pour votre business ?

Les clients viennent d’abord nous voir pour le conseil, parce qu’ils ne connaissent pas toujours bien les nouveaux dispositifs. Mais aussi pour le service  - c’est une illusion de penser que les médias sociaux ne sont pas chers - et pour le suivi, parce qu’ils prennent conscience que ces outils prennent du temps. Pour nous, c’est une opportunité et un creuset d’expression. Nous faisons du sur mesure pour chaque entreprise. Certains de nos clients ont créé le poste de community manager RH en interne. C’est le cas de la SNCF, d’Atos ou de Michelin par exemple. L’externalisation ne peut pas être complète. C’est irréaliste en termes de coûts, et cela irait à l’encontre de la logique même des médias sociaux. Notre rôle est de conseiller en amont sur la stratégie à déployer. Ensuite, nous ne lâchons pas nos clients dans la nature. 

Quel est l’avenir des job-boards ?

Il est évident que les médias sociaux ont grignoté des parts de marché. Nous sommes face à une offre de soucing qui s’accroît et un nombre d’offres d’emploi qui diminue. Toutefois, il faudra deux ou trois ans avant que le marché se stabilise. Les positions actuelles ne peuvent pas être définitives. Nous observons une explosion de médias sociaux : spécialisés, horizontaux, verticaux, de niche… On a l’impression de revivre l’époque du développement des sites Internet dans les années 2000. Des mouvements de concentration ne sont pas impossibles. Les réseaux sociaux sont en quête de monétisation.

Comment percevez-vous la montée en puissance des sites gratuits ?

C’est un phénomène que l’on ne peut pas ignorer. Des sites comme Indeed ou Le Bon Coin peuvent être de bonnes réponses complémentaires. Pour autant, l’emploi est-il leur vocation ? Ils fournissent certes beaucoup de trafic, mais est-ce toujours efficace ? Les entreprises sont prêtes à payer pour avoir des résultats. En tant qu’agence conseil, nous recommandons un média si nous avons la conviction qu’il est pertinent. Y compris s’il est gratuit. Un de nos clients du secteur industriel souhaitait récemment recruter des opérateurs de production, à travers un dispositif peu onéreux. Les sites gratuits ont donné zéro résultat. Ce qui a marché : la radio et la presse locale.

Gaëlle Fillion