Recrutement
&
talents

France Travail : « des gains d’efficience » avec le déploiement d’outils IA, selon la Cour des comptes

  • Le
  • Site emploi généraliste

En 2025, plus de la moitié de ses agents de France Travail déclarent recourir à des outils d’IA. La Cour des comptes a examiné le déploiement, les effets, la gouvernance de ces usages et les risques.

France Travail et l’IA : quels déploiements pour quels résultats ? - © D.R.
France Travail et l’IA : quels déploiements pour quels résultats ? - © D.R.

C’est une première pour la Cour des comptes qui publie un rapport dédié à l’usage de l’IA par un opérateur majeur de l’État : France Travail.

Elle a examiné le déploiement, les effets et la gouvernance de ces usages, et les risques au sein de l’agence publique pour l’emploi.

Alors que le premier outil IA déployé remonte à 2015, 50 % des agents de France Travail déclarent recourir à des outils d’IA en 2025.

« Les outils d’IA déployés par France Travail ont permis des gains d’efficience pour les conseillers, ainsi qu’une réduction des coûts grâce à une meilleure performance des solutions numériques ou l’abandon de solutions technologiques devenues inutiles », indique le rapport de la Cour des comptes publié le 7 janvier 2026.

L’IA par France Travail : bilan global

Selon l’analyse de la Cour des comptes,

« Les cas d’usage utilisant l’intelligence artificielle déployés depuis 2017, dont le nombre est estimé à plusieurs dizaines, offrent des résultats contrastés.

  • Certains, déployés dès le programme Intelligence emploi, ont démontré leur efficacité (analyse automatique de CV, identification des offres d’emplois illégales, Lego, etc.).
  • 17 autres ont été abandonnés ou ne présentent qu’une faible utilité (probabilité de pourvoi d’une offre à 30 jours). »

« L’opérateur a peu recours à l’IA pour ses missions autres que l’accompagnement des demandeurs d’emploi. Un déploiement de l’IA dans le réseau pour l’emploi et à travers un outil actuellement en test auprès des conseillers pour faciliter l’information sur l’indemnisation de la perte d’emploi est cependant prévu. »

« À date, le cumul de ces gains (estimés à 120 millions d’euros pour la période 2017-2025, sous des hypothèses favorables) est légèrement supérieur au cumul des coûts de développement depuis 2017 (93 millions d’euros entre 2017 et 2024 et 15 millions d’euros prévus en 2025). Ces gains devraient logiquement augmenter au cours des prochaines années avec l’expérience acquise par France Travail en matière de développement d’outils d’IA et leur déploiement à plus vaste échelle », écrit la Cour des comptes.

RGPD - AI Act : vigilance sur les cadres juridiques d’exploitation des données

  • « Le respect du cadre normatif par l’opérateur présente des lacunes importantes. Des faiblesses sont observées dans l’analyse de la conformité des outils d’IA au regard des règles du règlement général sur la protection des données, entré en vigueur en 2018. Ce retard est d’autant plus sensible en raison de l’évolution des missions de l’opérateur qui le conduisent à partager des données avec le réseau pour l’emploi.
  • D’autre part, France Travail ne s’est pas suffisamment préparé, en amont, à l’entrée en vigueur du règlement européen sur l’IA. Il est indispensable que les projets d’IA développés par France Travail, y compris à l’échelon local, soient validés par la direction générale après l’analyse de leur conformité au RGPD et au règlement européen sur l’intelligence artificielle [AI Act en anglais]. »

« Je réitère mon adhésion aux préoccupations majeures de la Cour en termes de sécurité et conformité et réaffirme la volonté de l’établissement d’explorer davantage le concours de l’IA au service de ses utilisateurs mais également au service de son ambition globale d’efficience », indique Thibault Guilluy, Directeur général de France Travail, dans une lettre en réponse à la Cour des comptes.

Les recommandations de la Cour des comptes

• Mettre en place le contrôle de la compatibilité de la réutilisation des données à caractère personnel avec les finalités pour lesquelles elles ont été collectées.
• Mettre à l’étude un outil mobilisant l’IA au bénéfice de l’information des demandeurs d’emploi sur les droits à l’indemnisation.
• Informer régulièrement le conseil d’administration de la mise en œuvre du programme pluriannuel Data IA. • Mettre en place un suivi précis des dépenses consacrées à l’intelligence artificielle et actualiser régulièrement la liste des cas d’usage retenus dans le plan d’efficience avec le chiffrage de leur contribution aux gains d’efficience.
• Examiner la conformité au règlement européen sur la protection des données personnelles (RGPD) des cas d’usage utilisant une solution d’intelligence artificielle selon une procédure d’évaluation précisément définie.
• Inscrire l’examen de la conformité au RGPD et au règlement européen sur l’intelligence artificielle de l’ensemble des cas d’usage, y compris développés localement, dans le cycle de vie du service.
• Simplifier l’outil d’évaluation éthique des systèmes d’intelligence artificielle de l’opérateur et l’appliquer aux différents cas d’usage.
• Renforcer le rôle du comité consultatif éthique.