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Vaccination Covid-19 en entreprise : les services de santé au travail entrent en action

Par Philippe Guerrier | le | Bien-être au travail

Dans la lutte contre la pandémie, il est désormais possible d’être vacciné en entreprise. Le ministère du Travail a publié une fiche pratique sur cette démarche.

Vaccination Covid-19 : les services de santé au travail mobilisés - © D.R.
Vaccination Covid-19 : les services de santé au travail mobilisés - © D.R.

Un nouvel intermédiaire entre dans le processus de vaccination Covid-19 : les services de santé au travail.

« Les salariés très vulnérables, concernés par des pathologies chroniques comme des problèmes cardio-vasculaires, des problèmes respiratoires ou d’obésité, pourront être vaccinés par la médecine du travail à partir du 26 février », a déclaré Élisabeth Borne, ministre du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion, à l’antenne d’ Europe 1 interrogée à ce sujet le 23 février /02/2021.

« Ce sont les services de santé au travail qui seront mobilisés, car il y a un enjeu de confidentialité vis-à-vis de l’entreprise. Ce qu’on demande aux entreprises, c’est de prévenir les salariés que les personnes très vulnérables pourront se faire vacciner via la médecine du travail. Les entreprises souhaitaient s’impliquer pour sensibiliser leurs salariés à l’importance de la vaccination, et certaines d’ailleurs, pratiquent déjà largement la vaccination contre la grippe », a-t-commenté.

Autre option : « Les salariés pourront également contacter directement la médecine du travail ».

Vaccins : respecter les populations cibles prioritaires

De son côté, le ministère du Travail, de l’Emploi et de l’Insertion a publié une fiche pratique sur la vaccination par les services de santé au travail.

Les médecins du travail, qui s’intègrent ainsi dans la campagne vaccinale nationale organisée par les autorités sanitaires, doivent donc respecter la priorisation des publics cibles ainsi que les règles déontologiques s’appliquant à tout acte de vaccination (respect du consentement de la personne, du secret médical, etc.).

  • En suivant les préconisations du 2 février 2021 de la Haute Autorité de Santé, le vaccin AstraZeneca est utilisé pour la vaccination des personnes de 50 à 64 ans atteintes de comorbidités. Les médecins du travail doivent vérifier l’éligibilité des salariés à la vaccination.
  • Les médecins du travail peuvent désormais vacciner des salariés volontaires des entreprises adhérentes qui font partie de ce public. Ils se procureront le vaccin AstraZeneca auprès d’une officine référente de leur choix. Sachant que les vaccins sont délivrés gratuitement par l’État.
  • La cotisation versée annuellement au service de santé au travail interentreprises couvre toutes les visites nécessaires. Par conséquent, ce rendez-vous vaccinal spécifique n’engendre aucune charge financière supplémentaire pour l’employeur.

Vacciner en entreprise : une pratique encadrée

Il existe des garde-fous dans cette extension de la campagne de vaccination menée par les services de santé au travail.

  • Le médecin du travail n’a pas le droit d’informer l’employeur des salariés vaccinés. Le gouvernement assure que « tout est mis en œuvre pour le respect de la confidentialité des vaccinations vis-à-vis des employeurs ».
  • La vaccination doit être proposée aux salariés de manière à leur laisser le choix absolu du recours ou du non-recours à la vaccination. Ils sont également libres de choisir le médecin référent pour l’injection du vaccin (leur médecin traitant par exemple).
  • Vu sous d’autres angles, le consentement doit être éclairé et le salarié a le droit de refuser la démarche de vaccination. « Ce refus ne doit emporter aucune conséquence », mentionne la fiche pratique ministérielle. S’agissant de la Covid-19, le caractère obligatoire n’a pas été retenu.
  • Un infirmier des services de santé au travail peut procéder à la vaccination à condition qu’un médecin puisse intervenir à tout moment.

Un démarrage lent à prévoir

Mais il faudra se montrer patient. Car l’amorçage de la campagne de vaccination en entreprise sera lent, en raison de la pénurie de doses de vaccins sur le territoire national et des flux tendus.

« Cela démarre avec quelques doses du vaccin AstraZeneca par médecin [du travail] et cela concerne les salariés de 50 à 64 ans touchés par une pathologie chronique car ce vaccin n’est pas recommandé pour les personnes de plus de 65 ans », a évoqué  Élisabeth Borne sur Europe 1. « Ensuite, la campagne va monter en puissance lorsque l’on donnera accès aux vaccins à tous les adultes. »

Selon Les Echos, chaque médecin du travail participant à la campagne « disposera d’un seul flacon lors de la première livraison (semaine du 22 février), et de 2 ou 3 flacons maximum pour la deuxième livraison (semaine du 1er mars) ». Sachant que chaque flacon contient 10 doses.

Cette précision figure dans le « protocole pour la vaccination par les médecins du travail au moyen du vaccin AstraZeneca » en date du 16 février que le gouvernement a commencé à diffuser aux services de santé au travail.

Depuis novembre 2020, toujours au nom de la lutte contre la propagation de la Covid-19, les entreprises ont la possibilité proposer aux salariés volontaires de réaliser des tests antigéniques, « dans le respect des conditions réglementaires et du secret médical ».

Vaccins : les entreprises plutôt volontaristes

« 66 % des dirigeants de PME sont prêts à organiser des campagnes de vaccination dans les locaux professionnels pour les salariés qui le souhaitent, pour autant qu’on leur en donne les moyens. Pour accélérer le processus de vaccination, la CPME demande au gouvernement de ne pas écarter cette possibilité dès lors que les vaccins seront effectivement livrés », selon le document « Bilan 2020 et perspectives 2021 des TPE-PME » publié fin janvier par la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME).

(Article réalisé avec l’appui de News Tank RH)

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