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Digital RH : Microsoft évalue la flexibilité du travail en France

Par Philippe Guerrier | Le | Workspace

Avec l’appui d’un focus France extrait de son observatoire mondial Microsoft Work Trend Index 2022, Jean-Christophe Pitié, COO de Microsoft France, dégage les principales tendances du travail hybride.

Jean-Christophe Pitié, COO de Microsoft France, analyse le Work Trend Index 2022 - ©  D.R.
Jean-Christophe Pitié, COO de Microsoft France, analyse le Work Trend Index 2022 - ©  D.R.
  • Des collaborateurs plus soucieux d’un équilibre entre vie professionnelle et vie personnelle ;
  • Des managers confrontés aux attentes de leurs dirigeants et celles de leurs collaborateurs ;
  • Le besoin d’attractivité du lieu de travail alors qu’il faut prendre position sur le curseur de la flexibilité de l’organisation du travail ;
  • Un capital social à replacer dans un contexte de travail hybride.

Microsoft approfondit ses études dans les nouvelles organisations de travail qui émergent avec la crise Covid-19 marqué par un recours plus important au télétravail.

Après s’être concentré sur la question de la fidélité des collaborateurs dans une précédente étude diffusée début 2022, l’éditeur de solutions de productivité comme Microsoft Teams ou Office 365 a publié en mars son observatoire international des tendances du travail : Microsoft Work Trend Index

Méthodologie

• 31 000 personnes interrogées dans le cadre d’un sondage Edelman DXI sur 31 pays (dont France),
• Période de sondage : du 7 janvier au 16 février 2022,
« Prise en compte d’une analyse de milliards d’indicateurs de performance issus de Microsoft 365 et de tendances observées sur LinkedIn ».

Jean-Christophe Pitié, COO de Microsoft France, apporte ses commentaires sur des points saillants de l'étude.

Vies professionnelle et personnelle : vers une nouvelle équation

  • 48 % des personnes interrogées en France sont plus susceptibles de donner la priorité à la santé et au bien-être au travail qu’avant la pandémie (vs 53 % dans le monde).
  • 49 % des membres de la génération Z (ceux qui sont nés après 2000 à l’ère digital) et des millenials français (ceux qui ont 20 ans en 2000 donc né dans les années 80) envisageraient un changement d’employeur cette année (contre 52 % en moyenne des générations Z et millenials dans le monde). 

« La priorité est donnée à la santé et à l’équilibre travail - vie libre. Cette aspiration progresse fortement depuis deux ans. C’est plus fortement marqué avec les jeunes générations c’est-à-dire les moins de 40 ans. Tous les collaborateurs, existants ou en recrutement, ressentent le besoin de donner du sens à leurs métiers et de disposer de la qualité de vie. A travers la marque employeur, nous insistons sur la flexibilité à l’organisation du travail que nous accordons chez Microsoft mais nous tenons aussi à garder le lien social avec l’entreprise et le collectif », explique Jean-Christophe Pitié, COO de Microsoft France.

Les managers écartelés entre les attentes des dirigeants et celles des collaborateurs

  • 72 % des managers en France voudraient davantage procéder à des changements pour leur équipe, mais manquent de moyens et d’autonomie en matière de prise de décision (vs 74 % des managers au niveau mondial) :
    *48 % des managers en France estiment que leurs équipes dirigeantes ne sont pas en phase avec les attentes des collaborateurs (vs 54 % au niveau mondial).
    *52 % des dirigeants français redoutent que la productivité ait été affectée par le passage au travail à distance ou travail hybride (vs 54 % au niveau mondial)
  • 81 % des collaborateurs se considèrent autant voire plus productifs (vs 54 % au niveau mondial). 

« Un écart apparaît entre la perception des dirigeants et celui des collaborateurs sous l’angle de la productivité et de l’efficacité du travail accompli. En France, nous sentons un tiraillement évident au sein des entreprises, quelle que soit leur taille. Au sein de Microsoft monde ou en France, nous n’avons vraiment pas vu d’impact sur l’efficacité. C’est peut-être dû à notre méthode de management moderne d’une société technologique. Nous étions déjà en mode flexible avant la pandémie Covid-19. Celle-ci n’a fait qu’accélérer la tendance. A titre individuel, j’ai travaillé pendant 10 ans aux Etats-Unis. Je travaillais déjà en partie de chez moi ou en conference call. » 

Lieux de travail attractifs : comment faire revenir les collaborateurs ?

  • 26 % des dirigeants français ont développé un cadre de travail hybride afin de définir quand et pour quels motifs aller au bureau (vs 8 % des dirigeants au niveau mondial).
  • 28 % des travailleurs hybrides affirment que leur plus grand challenge est de savoir quand travailler à distance et quand se rendre sur leur lieu de travail (vs 38 % au niveau mondial). 

« Nous ressentons ce que l’on appelle un grand paradoxe : les collaborateurs souhaitent davantage de flexibilité mais ils demandent aussi davantage de lien social face au risque d’isolement », indique Jean-Christophe Pitié.

« Au sein de Microsoft France, nous avons établi un nouvel accord de télétravail depuis septembre 2021 qui permet à chacun de disposer de trois jours de télétravail par semaine sans demander la permission à son manager. Mais nous avons mis quelques règles au niveau des équipes projets pour les jours de présence en guise de coordination. Chaque équipe a des besoins différents. Nous essayons d’organiser le collectif et l’individuel en publiant des bonnes pratiques avec des moments de communication et de convivialité, des moments de créativité, d’entretiens et d’évaluation annuelle. Parallèlement, nous réfléchissons aussi à l’aménagement des locaux avec davantage de salles pour les réunions pour faire des “meeting briefs” avec des participants en présentiel et distanciel et moins d’open space qui sont inoccupés en raison de l’organisation du travail hybride. »

Métavers adaptés aux RH : la France plutôt frileuse

  • 39 % des collaborateurs en France sont ouverts à l’usage d’espaces immersifs dans les environnements de type métavers pour des réunions. Un taux qui s’élève à 52 % au niveau mondial. 

« Les Français ne sont pas toujours les plus rapides à adopter de nouvelles technologies. Nous observons un écart entre le niveau de réponse mondiale et celui de la France. Microsoft travaille sur des offres de métavers via la marque Mesh qui permettra de participer à des réunions à distance et d’interagir sous forme d’avatars dans des espaces virtuels. Nous allons investir dessus pour répondre à la demande. Il s’agit d’une évolution technologique mais il faudra apprendre sur les usages qui fonctionnent ou pas. La question de la protection des données personnelles devra aussi être discutée de manière responsable et raisonnée », commente Jean-Christophe Pitié.

L’appropriation de Microsoft Teams par les DRH : vers un LMS à part entière ?

« Sur les 270 millions d’utilisateurs actifs par mois de Microsoft Teams dans le monde, nous voyons de plus en plus une appropriation de l’outil par les responsables RH autour des dimensions de communication et de travail collaboratif », commente Jean-Christophe Pitié, COO de Microsoft France.
• « Nous voyons en particulier une évolution de l’usage de la plateforme autour des formations et de l’onboarding de nouveaux collaborateurs. Le module Viva fournit des enseignements pour mieux gérer son temps de travail, notamment celui passé avec ses équipes. C’est intéressant comme outil pour briser les silos au sein des organisations. Microsoft Teams pourrait devenir un LMS à part entière via le module Viva Learning qui intègre les formations des entreprises mais aussi celles de ses partenaires. » 
• « Nos équipes d’ingénierie travaillent actuellement avec Talentsoft (propriété du groupe Cegid), expert des applications RH, pour développer de nouvelles applications , pour répondre aux besoins de demain et aux problématiques de nos clients. » 

Pour consulter l'étude intégrale Microsoft Work Trend Index.

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