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Recrutement et références employeurs : LVDF.io trie « le vrai du faux » dans les CV

Par Philippe Guerrier | le |  Solutions d'évaluation

La plateforme LVDF.io, exploitée par le cabinet de recrutement La Relève, automatise la vérification des références professionnelles des candidats pour le compte des recruteurs.

Adrien Ducluzeau, fondateur de La Relève à l’origine de la plateforme LVDF.io - © D.R.
Adrien Ducluzeau, fondateur de La Relève à l’origine de la plateforme LVDF.io - © D.R.

Comment améliorer la qualité de son processus de recrutement en exigeant des prises de références professionnelles de la part des candidats ? Pour faire le tri dans « Le Vrai du Faux » dans les CV, la plateforme LVDF.io, développée par le cabinet de recrutement La Relève, propose d’automatiser cette étape pour gagner du temps dans la phase de recrutement.

Côté employeur, la prise de référence a un double intérêt :

  • vérifier la véracité des propos et les références emplois du postulant ;
  • disposer d’une vue plus pointue de la personnalité du candidat avec le retour d’expérience de ses anciens managers ou collaborateurs.

La technique se développe en France alors qu’elle est généralisée aux Etats-Unis dans tous les recrutements, selon Adrien Ducluzeau, fondateur de La Relève à l’origine de la plateforme LVDF.io.

Selon une récente enquête de LVDF.io sur 1300 candidats (tous secteurs de recherches d’activité et types de contrats confondus), un quart d’entre eux lâchent le processus de recrutement lorsque leurs références sont demandées. La principale raison de cet abandon ? Des contacts d’anciennes références professionnelles qui sont susceptibles de porter préjudice à leur candidature.

Un système qui parie sur l’automatisation

Comment marche la plateforme LVDF.io disponible en mode SaaS (via le service cloud AWS) qui a été lancée à la mi-2019 ? Concrètement, un recruteur pourra exiger automatiquement d’un postulant des demandes de références de ses ex-employeurs et collecter les recommandations.

Le candidat reçoit un e-mail l’invitant à renseigner les coordonnées de ses anciens managers. Ce service HR Tech ne fonctionne qu’avec l’accord explicite du candidat, qui décide de partager les coordonnées de ses anciens référents. Ces derniers sont contactés de façon automatique par la plateforme et sont invités à répondre à un formulaire d’évaluation.

« Au-delà d’une série de questions généralistes, on propose d’approfondir des points spécifiques sur 40 fonctions différentes. Par exemple, on note de manière différente un profil commercial et un profil finance mais aussi un stage de six mois par rapport à une expérience professionnelle qui a duré six ans », précise Adrien Ducluzeau.

Les réponses sont ensuite compilées grâce à un algorithme et envoyées au recruteur pour analyses.

Un taux de réponse moyen de 80 %

En l’état actuel, la plateforme LVDF.io a permis de récolter 13 000 prises de références pour le compte de 35 clients disposant surtout de profils de recruteurs. « Nous affichons un taux de retour moyen de 80 % des référents », selon Adrien Ducluzeau.

Le modèle économique repose sur un abonnement mensuel fixe proposé au recruteur (« « 99 euros HT par mois, prix par licence recruteur », quel que soit le nombre de demandes de vérifications de références à traiter). En dehors des entreprises qui recrutent, la plateforme LVDF.io collabore aussi avec des réseaux d’agences d’intérim comme Adecco ou Adéquat.

Dans les prochaines étapes de développement, Adrien Ducluzeau voudrait davantage affiner les questionnaires par profils pour les recruteurs, connecter LVDF.io avec les principaux ATS du marché et proposer aux candidats un système de certification des prises de références employeurs générées par la plateforme pour renforcer la présentation de leurs CV.

Concurrence : des start-uppers français actifs sur le segment de LVDF.io

• Un autre service similaire à LVDF.io est en train d’émerger en France : EveryCheck, spécialiste de la vérification d’informations, contrôle de références dans le domaine RH (en analysant les CV) mais aussi dans le secteur immobilier (en scrutant les demandes de location), vient de lever 1,3 million d’euros.
• Aux Etats-Unis, on change de dimension avec Checkr du nom d’une start-up lancée en 2014 par deux Français (Daniel Yanisse et Jonathan Perichon), qui a levé plus de 310 millions de dollars depuis sa création à San Francisco. Le plus récent tour de financement de 160 millions de dollars remonte à septembre 2019. La valorisation de Checkr dépasserait les deux milliards de dollars.

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