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Andjaro lève 13,4 millions d’euros : « La crise a un impact neutre sur nos activités »

Par Philippe Guerrier | le | Gestion des talents

Quentin Guilluy, CEO cofondateur d’Andjaro, précise les prochains jalons de la start-up experte dans la gestion du staffing. Dans un contexte morose, l’appui de ses investisseurs tombe à pic.

Interview Quentin Guilluy, CEO Andjaro
Interview Quentin Guilluy, CEO Andjaro

L’exercice de financement des start-up devient délicat avec la crise Covid-19 mais Andjaro est passée à travers les mailles du filet. La start-up, qui exploite une plateforme dans le cloud (mode SaaS) pour la gestion et l’optimisation des besoins de personnel, vient d’annoncer une levée de fonds de 13,4 millions d’euros.
L’objectif est d’accélérer son développement et déployer sa solution de staffing en Europe. Andjaro a réuni un pool d’investisseurs comme Idinvest Partners, Sofiouest, Arkéa (via We Positive Invest son fonds d’innovation sociétale), Alliance Entreprendre et SWEN Capital Partners.
Cette levée de fonds d’Andjaro permettra de poursuivre la croissance de l’entreprise, tout en se protégeant de la conjoncture défavorable, et de cibler de nouveaux secteurs :

  • l’industrie ;
  • la logistique ;
  • la banque ; 
  • les services publics.

La start-up française, co-fondée en 2015 par un quatuor d’entrepreneurs (Quentin Guilluy, Ivan de Pontevès, Benoît Ozan et Alexandre Ramin) sous le nom d’OuiTeam, revendique « près de 250000 mouvements de personnel en 2019 dans 3 pays (France, Royaume-Uni, Belgique) ».
En 2018, elle avait levé 5 millions d’euros auprès de la société de capital-risque Balderton Capital et le fonds du programme de start-up SAP.io de l’éditeur éponyme.

Exclusive RH fait le point avec Quentin Guilluy, qui occupe les fonctions de CEO d’Andjaro.

Comment avez-vous bouclé cette levée de fonds en cette période difficile pour les start-up?

Les discussions autour de ce financement ont démarré entre fin octobre et début novembre 2019. Nous ignorions alors la menace Covid-19 et nous allions voir les investisseurs en pitchant sur la dimension internationale de nos activités.

Notre plan a été un brin contrecarré par la montée du Covid-19 mais la levée de fonds n’a pas été menacée pour autant.

La levée de fonds a été bouclée à la troisième semaine de confinement. J’ai une pensée pour les autres start-up qui souhaitent boucler leur levée de fonds dans ce contexte difficile. C’est stressant pour les entrepreneurs. Mais, pour notre part, le Covid-10 n’a jamais représenté une once de menace sur le deal et le closing.

Votre positionnement sur le staffing va-t-il vous aider à mieux surmonter la crise ?

Dire que la crise va accélérer notre business serait exagéré. Disons que la crise a un impact neutre sur nos activités. C’est déjà inespéré au regard de la situation. Notre positionnement permet d’éviter le chômage partiel au sein des organisations. Nous voyons qu’avec le déconfinement, les activités ne vont pas repartir d’un même niveau.

Après un premier mode « pompier », les organisations nous contactent désormais pour nous demander d’être prêt à adapter les ressources humaines en fonction des clients, des filiales et des priorités finalement.

Nous avons observé des déploiements massifs au moment du confinement. Nous avons aidé un client en Belgique dans ce sens. Nous ne communiquons pas sur le nombre de clients, mais nous parlons en centaines de milliers de collaborateurs concernés en France, en Belgique et au Royaume-Uni.

Avec le Covid-19, dans quelle mesure l’expansion géographique à l’international va-t-elle changer ?

Nous allons regarder comment nous pourrons traverser les frontières physiquement les prochains mois. Les plans ont changé un peu. Avant, nous avions une approche plus chirurgicale avec un rythme de déploiement plus intense. La donne a fondamentalement changé. Nous irons là où nos clients le demandent c’est-à-dire en l’Europe de l’Ouest comme la Belgique, l’Espagne, l’Italie et l’Allemagne qui deviennent nos priorités.

Où placez-vous le curseur entre la mobilisation interne ou externe des ressources ?

Nous voulons qu’un manager trouve un profil en 30 secondes au lieu de passer par une agence intérimaire ou de chercher en interne par ses propres moyens. Notre concurrent, c’est le téléphone. On veut éviter que nos clients perdent du temps à passer des coups de fil partout en interne.

Notre solution permet de disposer d’une vision exhaustive et d’une prise de contact instantanée avec du personnel disponible au sein d’une organisation. Si personne n’est disponible en interne, nous basculons alors vers l’externe.

Nous fonctionnons en mode entonnoir avec notre algorithme. Lorsqu’un manager a besoin de personnel sur du court terme, nous allons privilégier le collaborateur disponible et volontaire au sein de l’organisation. Faute de solution en interne, nous nous tournons vers des partenaires externes par voie de mail ou par API. Généralement, ce sont les agences d’intérim partenaires de nos clients. Nous en avons une dizaine en l’état actuel, dont les principaux acteurs du marché de l’intérim.

Comment facturez-vous l’accès à la plateforme Andjaro ?

Nous avons des frais de projet classiques (« professional services ») et l’accès à la plateforme sous forme de place de marché en circuit fermé repose sur un système d’abonnement en fonction du nombre d’utilisateurs au sein des entreprises. En termes de gestion RH, nous sommes en mesure de parvenir à des économies de 10 à 20 % à nos clients.

Pour les propres besoins d’Andjaro, comment allez-vous adapter votre politique de recrutement?

Nous disposons actuellement d’un effectif de 52 personnes. Malgré le début du coronavirus, nous avons recruté quatre personnes.

Nous temporisons sur 30 à 40 % de nos recrutements.

Nous serons plus prudents pour l’international jusqu’à septembre prochain, notamment sur les fonctions non essentielles. Après, nous estimons que le business repartira et nous relancerons alors le plan agressif initialement prévu. C’est-à-dire recruter trois à quatre personnes par mois sur les douze prochains mois. Tout dépend de la réouverture des frontières. On passe l’été. On verra après.

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