Sirh

Cybersécurité : comment alimenter un grand vivier de talents en France ?

  • Le
  • Gestion des talents

Le gouvernement veut « faire de la France le plus grand vivier de talents cyber d’Europe ». C’est l’un des 5 piliers de la stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030, récemment présentée par Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’intelligence artificielle et du numérique.

Cyberdéfense : stratégie nationale 2026-2030 - © Orange Cyberdéfense
Cyberdéfense : stratégie nationale 2026-2030 - © Orange Cyberdéfense

Comment orienter « dès le plus jeune âge » et soutenir les plans de formation et d’attractivité dans le secteur du numérique en général, et celui de la cybersécurité en particulier ? Au-delà, la question déborde sur la main-d’œuvre disponible dans le secteur de la défense au sens large.

Le 29 janvier, Anne Le Hénanff, ministre déléguée chargée de l’Intelligence artificielle et du Numérique, a dévoilé la Stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030 au Campus Cyber de Nouvelle-Aquitaine à Bordeaux.

La pénurie de talents dans ce domaine numérique a été évoquée au cours de la présentation réalisée au nom du gouvernement.

  • « Ce phénomène est aggravé par une insuffisante orientation professionnelle constatée des profils issus de milieux sociaux défavorisés, d’une part, et féminins, d’autre part, vers les domaines de l’informatique, pourtant en croissance rapide et continue depuis de nombreuses années […] ;
  • En association étroite avec le secteur privé, la France mettra en œuvre une politique ambitieuse de ressources humaines qui visera à faire de la France un grand vivier de talents cyber », indique le document de référence de la cybersécurité nationale sur les 4 prochaines années.

« Les cyberattaques se professionnalisent et frappent tous les pans de notre société. Mais la France n’a pas attendu pour renforcer sa cybersécurité : cette stratégie est le prolongement de la Revue stratégique de cyberdéfense initiée dès 2018 à l’initiative d’Emmanuel Macron. Entreprises, collectivités locales, administrations, citoyens : la cybersécurité est l’affaire de tous », déclare Anne Le Hénanff sur son compte LinkedIn dans une contribution en date du 30 janvier 2026.

Formation cyber : des passerelles entre secteurs public et privé

Côté formation, la France devra :

  • « créer une plateforme nationale pour l’orientation vers ces métiers en faisant converger les efforts entrepris par les acteurs publics et privés du secteur » ;
  • « soutenir le développement de la formation continue des professionnels de la cybersécurité et des programmes de reconversion vers les métiers de la cybersécurité », en encourageant les filières du numérique et de la cybersécurité françaises et européennes à développer leur offre de formation.
  • favoriser « le développement d’outils d’auto-formation (Mooc, etc.) aux enjeux de sécurité numérique » ;
  • « mettre en œuvre des “stratégies passerelles” entre différentes disciplines scientifiques et technologiques cyber et non cyber, afin de favoriser la fertilisation croisée des expertises ;
  • encourager « les parcours au sein du secteur public et entre le secteur public et le secteur privé ».

Dispositifs ciblés de soutien pour les études, du mentorat pour les jeunes filles

Afin de « développer dès le plus jeune âge une culture inclusive de la cybersécurité », la stratégie prévoit de « conduire des actions ambitieuses afin d’attirer vers les métiers de la cybersécurité des profils pour lesquels sont aujourd’hui constatés des freins dans cette orientation », dans les champs éducatif et culturel. Avec notamment :

  • des dispositifs ciblés de soutien pour les études ;
  • un programme de mentorat spécifique pour les jeunes filles ;
  • l’intégration de la cybersécurité dans les dispositifs d’engagement civique à destination de la jeunesse.

UE : soutien aux cursus de formation harmonisés et à la mobilité

« La France accompagnera l’émergence d’un socle commun de compétences de cybersécurité au niveau européen », en encourageant :

  • « la création de cursus de formation harmonisés et reconnus dans tous les pays de l’UE ;
  • ainsi que la mobilité de professionnels au sein des institutions européennes et entre les États membres ».

Stratégie nationale de cybersécurité 2026-2030 : 5 piliers, 14 objectifs

Faire de la France le plus grand vivier de talents cyber d’Europe

• Développer dès le plus jeune âge une culture inclusive de la cybersécurité ;
• Investir dans tous les pans de la formation en cybersécurité ;
• Soutenir la dynamique des ressources humaines cyber au niveau européen.

Renforcer la résilience cyber de la Nation

• Préparer la Nation aux crises dues aux cyberattaques ;
• Rehausser le niveau global de cyber-protection de la Nation ;
• Faciliter les parcours vers une meilleure cybersécurité.

Entraver l’expansion de la cybermenace

• Activer l’ensemble des leviers pour décourager les agressions cyber ;
• Mobiliser les acteurs privés dans la cyberdéfense de la Nation.

Garder la maîtrise de la sécurité de nos fondements numériques

• Investir dans la sécurité des technologies numériques ;
• Soutenir la structuration d’un marché européen des produits et services de cybersécurité ;
• Maîtriser les dépendances technologiques dans le champ de la sécurité numérique.

Soutenir la sécurité et la stabilité du cyberespace en Europe et à l’international

• Promouvoir un cadre et une gouvernance internationale garantissant la sécurité et la stabilité du cyberespace ;
• Agir en allié et partenaire coopératif et fiable au sein d’une communauté d’intérêt cyber internationale ;
• Développer une capacité de cyber-solidarité.