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SAP.iO Foundry Paris : « Le programme pour les start-up HR Tech est adapté avec le Covid-19 »

Par Philippe Guerrier | le | Gestion des talents

Sébastien Gibier, directeur de SAP.iO Foundry Paris, présente la sélection des huit start-up de la promotion Future Of Work. L’organisation a été bousculée avec la crise.

Sébastien Gibier :la HR Tech vue par SAP.iO Foundry Paris
Sébastien Gibier :la HR Tech vue par SAP.iO Foundry Paris

Après avoir traité la chaîne d’approvisionnement, le commerce de détail et les technologies vertes, SAP.iO Foundry Paris aborde l’angle HR Tech. Le programme d’accélération de start-up de l’éditeur de logiciels pour les entreprises (et leader européen), qui avait démarré il y a trois ans, a intégré une sélection de huit start-up (six sont françaises) dans sa promotion “Future of Work“. Sous la forme d’un programme d’accompagnement, elles vont passer plusieurs semaines à développer leurs visions business et leurs fonctions technologiques sous la houlette de SAP. Cette saison a trois particularités (deux officielles et une totalement imprévue) :
- les solutions des jeunes pousses retenues devaient compléter fonctionnellement SAP SuccessFactors, la solution RH de l’éditeur (125 millions d’utilisateurs à travers le monde) ;
- 5 partenaires clients deviennent « coproducteurs » du programme SAP.iO Foundry, c’est-à-dire qu’ils viennent chercher des start-up qui correspondent à leurs propres besoins ;
- La crise Covid-19 est survenue lors de l’activation de la promotion “Future of Work“. Ce qui a nécessité quelques adaptations dans le programme supervisé par Sébastien Gibier, directeur de SAP.iO Foundry Paris. Dans un entretien, il précise les implications de cette crise dans la feuille de route du programme initialement établie.

Avec le Covid-19, comment avez-vous maintenu la promotion « Future of Work » de SAP.iO Foundry Paris ?

Le lancement officiel de la promotion qui intègre des start-up plutôt matures a eu lieu le 24 mars. Nous avons maintenu une grande partie du programme en retournant notre organisation en mode virtuel. Même si quinze jours auparavant [c’est-à-dire en période d’amorçage de la phase de confinement], nous nous posions la question de son maintien.
Nous avions contacté les huit start-up de la promotion Future of Work pour recueillir leurs avis. Les retombées ont été positives. Il a surgi un consensus selon lequel l’apport de SAP.io sera bénéfique en cette période rude.

La plupart des start-up ont levé de l’argent en 2019. Rassurées par le niveau de trésorerie, elles ont décidé de poursuivre le programme. Elles considèrent que la baisse escomptée de l’activité commerciale pourra servir à renforcer les fonctionnalités technologiques de leurs solutions.

Nous avons conservé en mode virtuel la première partie du programme qui porte sur l’intégration technologique. La deuxième partie Business Developpement (« BizDev »), qui a démarré le 19 avril, a également basculé en virtuel. En règle générale, elle intègre des sessions présentielles de design thinking ou de reverse pitch par exemple et des rendez-vous chez des clients. Nous l’avons décalé de plusieurs semaines à fin juin en espérant sortir la tête de l’eau du confinement.

Chez SAP.iO Foundry Paris, nous avions déjà pris en compte l’intégration de start-up étrangères dans nos promotions et le recours à des modes de collaboration à distance. La crise Covid-19 n’a fait qu’accélérer cette tendance.

Nous avons mis en place un mini-ERP de gestion de relation entre SAP et les start-up. Les sessions à distance sont organisées à distance avec Microsoft Teams, Zoom pour l’organisation des webinaires et Airtable pour la dimension collaborative, le suivi des indicateurs et le recrutement de start-up.

Quelles grandes tendances RH avez-vous retenues pour cette promotion Future of Work ?

Il faut souligner que nous recrutons uniquement des start-up qui ont une valeur complémentaire avec notre propre suite SuccessFactors dans une logique SIRH. Nous avons essayé de couvrir un maximum de palettes de modules à intégrer sur notre plateforme.

Le premier sujet porte sur le recrutement :

  • FirstBird, un programme de recrutement de collaborateurs par cooptation ;
  • Workelo, davantage ancrée dans l’onboarding, l’intégration au démarrage d’une collaboration, la mobilité interne, mais aussi l’offboarding;

Pour couvrir le sujet de la compétence et de la formation, nous avons sélectionné trois start-up dans ce sens :

  • eLamp qui est en pointe technologique avec l’intelligence articielle pour structurer et consolider un référentiel de compétences au sein de l’entreprise ;
  • 5Feedback prend l’angle du feedback au sein de l’entreprise pour l’évaluation des compétences de manière anonyme ;
  • 360Learning, une plateforme moderne d’apprentissage collaboratif dotée d’une expérience utilisateur aboutie. C’est une grosse société : sa création remonte à 2009, elle a levé 41 millions de dollars en 2019, elle dispose d’un effectif de 130 personnes environ avec une présence en Europe et aux Etats-Unis. Jusqu’ici, nous n’avions pas de démarche structurée de partenariat avec SAP.iO. Ce qui devrait aider 360Learning à intégrer le SAP App Center (place de marché des applications de l’écosystème technologique SAP) et accélérer leur activité commerciale à l’international.

Dans d’autres registres sur la gestion du temps, la performance et le bien-être en entreprise, nous avons également retenu trois autres start-up :

  • Timeular, avec laquelle il faut se méfier de son côté hardware gadget sous forme de dé. Cette start-up autrichienne a développé en fait un logiciel de gestion de feuille de temps pour les tâches attribuées et les projets. C’est une manière élégante d’avancer sur ce volet qui est un vrai point d’échec en entreprise. Timeular revendique quatre millions d’utilisateurs. Sa directrice commerciale est installée en France ;
  • RandomCoffee a vocation à briser les silos en entreprise et propose un logiciel SaaS de mise en relation entre collaborateurs ;
  • Yogist, qui a lancé une méthode contre le mal au travail devant un ordinateur (comme le mal du dos ou au coup). C’est un vrai problème pour les ressources humaines qui est abordé sous l’angle du yoga en restant assis à son poste. Cela se concrétise à travers un chatbot de prévention santé et des ateliers physiques. Des offres entreprises sont montées dans ce sens. Le bureau principal est à Paris, mais Yogist a d’autres relais à l’international, notamment au Brésil.

Andjaro se distingue avec le financement obtenu par SAP.iO Fund

(Update : 30/04/2020 à 15 :30) Parmi les start-up qui sont passées par le fonds d’investissement du programme d’accélération SAP.iO, Andjaro (ex-OuiTeam), dédiée aux missions courtes et à la mobilité interne, se distingue. Cette start-up HR Tech, qui vient de lever 13,4 millions d’euros, bénéficie d’un accompagnement de SAP en termes de financement. Andjaro a bénéficié de l’initiative SAP.iO Fund, le fonds d’investissement rattaché au réseau d’accélérateurs SAP.iO dans le monde. C’est l’une des deux start-up françaises à avoir bénéficié du soutien de ce véhicule d’investissement d’envergure internationale (avec Shippeo dans le domaine du transport de marchandises). « L’objectif reste le même : trouver des fonctions complémentaires avec les solutions SAP et apporter de la valeur à nos clients », précise, Emmanuel Cassimatis, SAP.iO Fund, Partner, EMEA. Andjaro dispose de deux points d’entrées dans les solutions SAP à travers SuccessFactors dans la gestion des compétences des employés et le processus de facturation des ressources humaines inter-établissements, accessible en partie sur le volet ERP.

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