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Neobrain lève 20 millions d’euros : l’IA au service de la gestion des compétences RH

Par Philippe Guerrier | le | Gestion des talents

Neobrain, solution de gestion des compétences RH qui mixe IA et big data, lève 20 millions d’euros. Paul Courtaud, CEO et fondateur, aborde les perspectives de développement entre business, techno et expansion.

Paul Courtaud, CEO et fondateur de Neobrain : les enjeux IA et Big Data pour gérer les compétences RH - © D.R.
Paul Courtaud, CEO et fondateur de Neobrain : les enjeux IA et Big Data pour gérer les compétences RH - © D.R.

L’intelligence artificielle monte en compétence avec Neobrain. Et les investisseurs suivent.

L’éditeur de solutions IA et big data dédiées à la gestion des compétences RH dans le cloud (mode SaaS) a réalisé une deuxième levée de fonds de 20 millions d’euros avec 4 investisseurs :

  • Alter Equity,
  • Crédit Mutuel Innovation, 
  • le duo Xange et La Poste Ventures,
  • Breega, le fonds d’investissement qui est l’actionnaire historique.

Depuis la démarrage de ses activités en 2018, Neobrain collabore avec 80 grands comptes et enregistre 300 000 salariés ayant adopté Neobrain.

Les explications de Paul Courtaud, CEO et fondateur de Neobrain.

Sur quels développements vous concentrez-vous avec cette nouvelle levée de fonds ?

En mai 2020, nous avions effectué une première levée de fonds de 3 millions d’euros auprès du fonds d’investissement Breega. On le retrouve dans le pool d’investisseurs qui nous accompagnent dans cette levée de fonds de 20 M€ avec :

  • Alter Equity,
  • Crédit Mutuel Innovation,
  • XAnge (au nom de La Poste Ventures).

40 % du montant sera dédiée à la poursuite de la R&D avec deux fils supplémentaires que l’on veut tirer :

  • le strategic workforce planning à renforcer. C’est une question de pilotage RH : comment les entreprises peuvent simuler des hypothèses de trajectoire en termes de gestion des compétences, identifier les lacunes éventuelles et préparer des solutions pour les combler.
  • le staffing project ou comment organiser les nouvelles formes de travail en établissant des missions courtes pour faciliter la rencontre de l’offre et de la demande sous un angle de mobilité interne.

Ce financement servira également à monter à l’international avec des implantations en Allemagne (Berlin ou Cologne, l’ancrage définitif reste à déterminer) et au Royaume-Uni (Londres). Si tout se passe bien, nous viserons les Etats-Unis en 2023.

En 2021, nous avons réalisé un chiffre d’affaires signé de 4 millions d’euros. Nous devrions doubler le CA en 2022. Et nous allons bientôt passer d’un effectif de 80 à 100 personnes.

Comment vous organisez-vous pour que cette R&D se transforme en produit commercial ?

Cette nouvelle levée de fonds va nous permettre de rester indépendant.

Nous avons deux cycles différents :

  • une partie innovation liée à l’application avec de nouvelles fonctions comme le fait d’aider les salariés à peaufiner leurs profils LinkedIn ou l’appui du CV pour traduire leurs parcours en compétences. Tous les trois mois, nous réunissons nos clients principaux à travers un club et les remontées d’information influencent notre feuille de route.
  • une partie de recherche quasi-fondamentale autour de la data et de l’IA adaptée au domaine RH. C’est le cas de l’active learning du nom d’une nouvelle méthode de machine learning à travers lequel on apprend aux machines à se poser les bonnes questions.

Nous disposons d’un effectif de 80 personnes. 2/3 de l’effectif est orientée R&D. C’est un parti pris depuis le démarrage de Neobrain.

Nous voulons aboutir à des solutions pertinentes en termes de gestion des compétences à proposer aux entreprises. L’ex-start-up française Clustree, acquise par Cornerstone OnDemand en 2020, a ouvert la voie.

Cette nouvelle levée de fonds va nous permettre de rester indépendant, bien que nous recevons régulièrement des marques d’intérêt vis-à-vis de nos activités.

Nous voulons grandir de manière organique mais nous pourrions gagner du temps sur certains fils à tirer si nous passons par de la croissance externe. C’est en cours d’étude.

A travers la R&D, nous avançons sur des sujets concrets pour les entreprises ou les filières comme la prédiction des compétences d’avenir dans le BTP ou l’automobile. En brassant des millions d’offres sectorielles à travers nos plateformes et nos serveurs, nous sommes en mesure d’identifier les compétences qui montent et celles qui disparaissent.

Comment sensibilisez-vous les DRH avec votre démarche technologique ?

Nous adaptons notre message en fonction de leurs problématiques : pénurie de talents, obsolescence des compétences…

Avec notre premier grand client Renault, nous avons réussi à créer des vases communicants RH pour développer la transversalité entre la DSI et les achats, entre la DSI et l’ingénierie par exemple. Et ce, afin de faciliter la mobilité interne en capitalisant sur les forces vives du groupe.

Nous avons mis sur le marché une solution qui intègre quatre modules :

  • « Skills » pour la cartographie des profils en entreprise ,
  • « Talents » pour la gestion des compétences,
  • « Mobility » pour faciliter la mobilité interne et s’aligner aux besoins de compétences nécessaires à l’entreprise ,
  • « Upskilling » pour préparer le terrain des compétences de demain.

Comment commercialisez-vous vos produits ?

Nous réalisons 2/3 de notre chiffre d’affaires par la vente indirecte.

Nous nous appuyons sur des partenariats stratégiques avec des acteurs aux profils d’ESN ou de cabinets conseil comme :

  • Capgemini,
  • Deloitte,
  • Accenture.

Ils avancent aussi de leur côté auprès de leur clientèle sur la gestion des compétences qui n’est pas toujours un sujet mature.

Dans notre réseau de partenaires, nous avons aussi PeopleSpheres avec lequel nous visons la cible PME.

Comment parvenez-vous à recruter des experts IA et big data pour développer les solutions Neobrain ? Et à les conserver ?

Nous montons une filière de « data scientists surfeurs » et nous les invitons à travailler à Lisbonne au Portugal dans un pôle technologique que nous avons monté depuis février 2019. Il y a 18 personnes installées sur place. La moitié sont des Français.

Nous ne pouvons pas nous aligner sur les salaires proposés par les grandes banques. En revanche, nous sommes en mesure de les attirer par le biais d’un cadre de vie agréable en s’installant au Portugal. Ce qui permet de pratiquer le surf le soir pour se détendre.

Nous attirons aussi là-bas des experts brésiliens ou sud-africains. Pour le moment, nous parvenons à conserver une bonne fidélité de nos talents chez Neobrain.

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