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Performance RH : Elevo lève 6 millions d’euros pour embellir l’expérience collaborateur

Par Philippe Guerrier | le | Gestion des talents

La start-up Elevo veut devenir leader du management de la performance et des talents. Quels sont les leviers exploités ? Entretien avec le CEO cofondateur Etienne Le Scaon.

Equipe fondatrice d’Elevo (de gauche à droite) : Thibaut Vilon, Etienne Le Scaon et Leo-Paul Goffic - © D.R.
Equipe fondatrice d’Elevo (de gauche à droite) : Thibaut Vilon, Etienne Le Scaon et Leo-Paul Goffic - © D.R.

Elevo est développée par des associés qui baignent déjà dans la culture Tech.

  • Etienne le Scaon est passé par Work4 (recrutement sur Facebook puis pivot vers le sourcing) et l’accélérateur américain de référence Ycombinator.
  • On le retrouve avec Leo-Paul Goffic chez Criteo (après absorption de leur start-up Hublo)
  • Thibault Vilon a collaboré avec des géants du numérique comme Apple et Google.

En creusant le sillon de la gestion de la performance RH dans le cloud, la start-up parisienne marque des points dans l’écosystème HR Tech comme le démontre sa première place sur le podium du concours Akoya Start You Up avec un trophée remis la semaine dernière.

Cette fois-ci, Elevo aborde un nouveau cap dans le financement de ses activités. Elle vient de boucler une levée de fonds de 6 millions d’euros auprès du fonds d’investissement Elaia.

Après son lancement en 2018, elle avait décroché un an plus tard un premier million d’euros auprès d’un pool de business angels spécialisés dans les domaines du logiciel cloud et des RH comme Patrick Bertrand (ex-DG de Cegid), Philippe Gluntz (ex-Président Europe ADP) ou Marc Veyron (ex-DRH Carrefour Supermarchés et CapGemini Services).

Etienne Le Scaon, cofondateur et CEO de Elevo, explique comment la start-up compte faire la différence avec son approche de l’amélioration de l’expérience collaborateur. 

Quelles sont les priorités de développement avec cette nouvelle levée de fonds ?

  • Nous voulons élargir notre portefeuille de clients. Nous disposons de 200 entreprises clientes avec des références comme Audika, Aircall, Groupe Figaro, Labeyrie, Nature et Découvertes, Picard ou Pennylane. Depuis un an, nous signons de plus en plus avec de grands comptes.  Historiquement, nous avions avancé avec les petites et moyennes entreprises et les scale-ups Tech comme BlaBlaCar, JobTeaser ou Ledger.
    En complément des PME, nous voulons désormais viser les entreprises de taille intermédiaire (ETI). Celles qui disposent d’un effectif entre 50 et 1000 employés. Ces segments-là sont mal adressés par les acteurs historiques. Et même dans la tranche des entreprises de 1000 à 5000 collaborateurs, il y a de belles choses à réaliser.
  • Le deuxième axe porte sur le développement produit. Historiquement, nous avons commencé par l’angle des entretiens d’évaluation et le suivi des objectifs. Ce que l’on appelle le performance management.
    Nous voulons élargir notre périmètre sur d’autres thématiques comme la formation, la gestion des carrières et le talent management au sens large. Nous venons de sortir en première version un module d’identification et de collecte des besoins en formation des salariés avec l’ambition d’en faire un produit à part entière.

Elevo : les couches d’exploration de la gestion de la performance - © D.R.
Elevo : les couches d’exploration de la gestion de la performance - © D.R.

Vous affichez la volonté de devenir le leader du management de la performance et des talents. Du coup, vous vous confrontez à qui ?

  • En France, nous avons Talentsoft en face de nous. C’est une success story française que nous aimerions imiter. Néanmoins, il existe des variétés de sujets à travers lesquelles nous allons nous distinguer. En particulier l’expérience collaborateur à offrir via la plateforme Elevo. Nous y prêtons une attention particulière vis-à-vis de notre communauté de DRH, mais aussi des collaborateurs et des managers d’entreprise.
  • Au niveau international, nous regardons aussi le développement important de l’américain Lattice qui dispose de plusieurs centaines d’employés. Issu de la Silicon Valley, il a su exploiter le bassin des nombreuses sociétés technologiques pour gonfler sa base de clients. Du côté d’Elevo, nous avons vraiment pris en compte le degré de maturité du client pour faire un produit simple d’usage. Lattice a ouvert un bureau à Londres à la rentrée mais il ne prospecte pas encore en France.

Talentsoft a été lancé en 2007 et vient d’être acquis par Cegid. Elevo a démarré ses activités dix ans plus tard. Comment vous distinguez-vous ?

Il faut distinguer différentes générations de logiciels.

  • On a vu l’essor des ERP qui n’ étaient pas vraiment dans le cloud.
  • Talentsoft fait partie de cette génération de logiciels Siebel ou Oracle visant à à mettre les processus RH dans le cloud.

Avec Elevo, nous nous inscrivons dans l’ère de l’expérience. Nous ne sommes pas là uniquement pour rationaliser des processus RH mais aussi pour les réinventer. Et transformer l’expérience pour qu’elle soit créatrice de valeur pour l’entreprise.

Comment avancez-vous dans votre croissance internationale ?

Nous avons des utilisateurs d’Elevo dans 15 pays en raison de clients qui disposent de filiales internationales. Nous n’avons pas encore communiqué sur nos projets d’internationalisation. C’est prévu d’ici quelques mois.

Nous allons doubler notre effectif à 60 personnes, tout en restant concentré sur le marché français. Car le potentiel demeure immense.

En termes de recrutement, ce sont des profils tech que nous recherchons en priorité.

  • Le pôle est actuellement composé de 5 personnes. Nous voulons quadrupler l’équipe d’ici un an.
  • Pour le suivi personnalisé des projets de nos plus grands clients comme JCDecaux, nous disposons de customer success managers. Nous en avons quatre en l’état actuel.

Quels leviers exploitez-vous pour prospecter sur le marché français ?

Pour l’instant, nous n’avons pas besoin de faire de la prospection dans le dur. Nous n’avons qu’à gérer les demandes entrantes. Cette démarche assure 100 % de la croissance d’Elevo. Nous créons nos contenus, nous réalisons des événements, nous bénéficions du bouche-à-oreille.

Elevo : quelques indicateurs de suivi d’activité - © D.R.
Elevo : quelques indicateurs de suivi d’activité - © D.R.

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