Alerte neige et organisation du travail : les règles et les bons réflexes RH à prendre
Les conditions météorologiques sur fond de neige et de verglas compliquent l’organisation du travail. Les intempéries ne constituent pas automatiquement un motif d’absence valable sur le lieu de travail, donc les employeurs et les salariés doivent s’adapter.
Les chutes de neige et les risques de verglas associés provoquent des perturbations importantes dans l’organisation du travail pour les zones géographiques concernées par ces intempéries, notamment en Île-de-France. Un sujet sur lequel le DRH doit se montrer force de proposition et réactif en fonction de l’évolution des conditions météo.
Les autorités publiques au niveau national et local prennent la main face à la situation.
Sous la houlette du ministère de l’Intérieur, une cellule interministérielle de crise a été constituée pour superviser la journée de mercredi aux côtés du ministre des Transports Philippe Tabarot, de la ministre de la Santé Stephanie Rist et de la ministre chargée de l’Autonomie et des personnes handicapées Charlotte Parmentier-Lecocq et des représentants des ministères concernés.
Le ministre des transports Philippe Tabarot a « fortement conseillé » d’éviter tout déplacement par route mercredi en Île-de-France, en recommandant le télétravail si possible.
Mais le ministère du Travail reste discret sur le sujet. Sur son site Internet, on retrouve une fiche pratique mise à jour en décembre 2023 sur le thème : « Travail dans le froid : les précautions à prendre ». Mais rien de transcendant sur la situation actuelle en lien avec les conditions météorologiques sur fond de neige et de verglas.
Pourtant de sérieuses questions se posent, notamment les conditions d’organisation du travail si les salariés ne parviennent pas à se rendre sur leurs lieux de travail.
Code du travail : ce qui est prévu en cas de neige surabondante
Entre obligation de sécurité côté employeur (article L.4121-1 du Code du travail) et obligation de prudence côté salarié (droit de retrait évoqué dans l’article L.4131-1), il n’est pas toujours évident d’évaluer la situation.
Dans une sélection thématique sur LinkedIn, plusieurs avocats spécialisés dans le droit du travail et la gestion RH émettent des recommandations au regard de la loi.
Ainsi, Vanessa Fontaine, Avocate en droit social, fournit quelques pistes pour apprécier la situation, dans une contribution sur LinkedIn en date du 06/01/2026 :
- « Le retard n’est pas une faute : la neige est souvent considérée comme un cas de “force majeure”. Vous ne pouvez pas sanctionner un salarié qui arrive en retard ou qui ne peut pas venir. Par contre, vous n’êtes pas obligé de payer les heures non travaillées (sauf dispositions contraires de votre Convention Collective).
- Le télétravail n’est pas une option « si on veut » : Si le poste le permet, c’est le moment ou jamais. Le Code du travail prévoit même que le risque épidémique ou la « force majeure » (comme une tempête) permet d’imposer le télétravail pour garantir la continuité de l’activité.
- Votre responsabilité est sur le parking : En tant qu’employeur, vous devez assurer la sécurité de vos salariés. Si le parking de l’entreprise est une patinoire et qu’un salarié se blesse en arrivant, c’est un accident du travail. À vos pelles et à votre sel ! »
Alerte neige et organisation de travail : les principaux points à retenir
Les intempéries (neige, verglas, pluie…) ne constituent pas automatiquement un motif d’absence valable. L’employeur peut donc exiger votre présence. Néanmoins, il existe des exceptions importantes.
Vous pouvez être légitimement absent si :
- Il est objectivement impossible de se déplacer,
- les routes sont fermées par arrêté préfectoral,
- les transports en commun totalement interrompus
Il faut bien appréhender l’interdiction officielle de circulation et jauger les conditions météo. Dans ce cas, on parle souvent de force majeure :
- le déplacement présente un danger réel,
- le verglas est extrême,
- l’alerte météo est rouge ou orange.
Dans tous les cas, le salarié doit prévenir votre employeur le plus rapidement possible pour justifier son absence sur le lieu de travail et fournir des éléments qui justifient l’impossibilité de se déplacer (alerte météo, attestation transports, captures officielles) mais des photos d’affichage dans les transports en commun depuis son smartphone ou des copies d’écran de signalement de perturbation par les applications de mobilité peuvent servir pour démontrer votre bonne volonté. C’est souvent une question de confiance…
Il existe des alternatives :
- organiser du télétravail quand l’activité le permet,
- décaler les heures de travail,
- prendre un congé ou RTT.
- La communication d’entreprise via les DRH doit rester un fil rouge. C’est un outil précieux dans ce contexte spécifique pour que chaque salarié dispose du même niveau d’information sur les dispositifs d’alerte de neige mis en place et que les équipes s’organisent en conséquence.
- Le plus simple est d’anticiper les situations du jour au lendemain en prenant en compte les alertes émises par les autorités publiques (ministères, préfectures…) sur les perturbations de transport à prévoir en lien avec les épisodes neigeux.
Concepts clés et définitions : #DRH ou directeur des ressources humaines