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Avantages salariés : Benefiz lève 7 millions d'euros pour capter l'attention des TPE-PME

Par Philippe Guerrier | Le | Bien-être au travail

Benefiz, qui se présente comme un gestionnaire multi-avantages sociaux (« benefits manager ») pour faciliter la tâche des entreprises, change de dimension. Le point sur la stratégie avec le CEO Christophe Triquet.

Christophe Triquet, CEO de Benefiz qui lève 7 millions d’euros - ©  D.R.
Christophe Triquet, CEO de Benefiz qui lève 7 millions d’euros - ©  D.R.

Le marché des plateformes de souscription et de gestion des avantages salariés se montre particulièrement dynamique. 

Ainsi, fin septembre, la start-up lilloise Benefiz a levé 7 millions d’euros auprès d’un pool d’investisseurs :

  • Edenred Capital Partners (fonds institutionnel du groupe Edenred, qui émet le titre-restaurant Ticket Restaurant), 
  • les fonds One Ragtime et Kima Ventures (propriété de Xavier Niel, dirigeant et fondateur d’Iliad-Free),
  • une dizaine de business angels dont certains ont des profils d’entrepreneurs du numérique comme Alexandre Prot (Qonto), Arthur Waller (Pennylane) et Laurent Ritter (Voodoo).

Fondée en février 2020 par Christophe Triquet et Benjamin Clarenson, Benefiz dispose d’une base de 500 entreprises clientes pour une couverture globale de 6000 salariés. L’objectif est de doubler le nombre des clients d’ici janvier 2023.

Elle vise les TPE-PME, soit une base potentielle évaluée à 14 millions d’employés en France. 15 % d’entre elles offrent des dispositifs d’épargne salariale ou des titres-restaurants.

L’objectif du premier financement de Benefiz

Cette levée de fonds va permettre à Benefiz d’accélérer simultanément sur plusieurs axes : 

  • poursuivre l’ingénierie autour du développement produit. La plateforme Benefiz veut étendre sa diversité d’avantages salariés : titres-restaurants (en tant qu’émetteur direct), complémentaire santé, prévoyance collective et bientôt épargne salariale (exploitées en mode marketplace) ;
  • doubler l’effectif pour passer de 25 à 50 personnes d’ici octobre 2023 ;
  • renforcer l’écosystème de partenaires (400 actuellement). « Notre plateforme peut être distribuée par des courtiers d’assurance et des opérateurs externes. Cela représentera une grande partie de nos activités », déclare Christophe Triquet, CEO et cofondateur de la start-up Benefiz qui dispose elle-même du statut de courtier d’assurances.

Émission en direct de titres-restaurants

C’est un produit d’appel : depuis février 2022, Benefiz émet des titres-restaurants à son nom. C’est le 8ème acteur en France, en prenant en compte la fusion entre Swile et Bimpli

« Nous sommes sortis du bêta-test avec plusieurs milliers de salariés qui utilisent désormais notre carte de paiement MasterCard écoresponsable qui passe partout », évoque Christophe Triquet.

« Contrairement au modèle classique des titres-restaurants, nous ne prenons pas de commissions chez les restaurateurs. Le modèle repose sur des frais de recharge à la charge des entreprises lors des opérations visant à recréditer les cartes des salariés par mois ou par trimestre », explique Christophe Triquet.

Treezor mise à contribution sur la partie processing

La start-up Treezor de la catégorie FinTech est partenaire de Benefiz sur le volet de l’exploitation des titres-restaurants. Elle se charge du processing c’est-à-dire le système qui permet de communiquer et de s’interfacer avec la carte MasterCard.
« Nous avons besoin de paramétrages sur nos cartes, et devons les transmettre à Mastercard. Sans cette entreprise de processing, nous ne pouvons communiquer. Par ailleurs, nous gérons des flux financiers et à ce titre sommes soumis à une réglementation stricte. Le fait de passer par cet intermédiaire nous permet de reporter la responsabilité sur celui-ci, qui porte l’agrément à notre place », évoque Christophe Triquet.

Gestion multi-avantages salariés en mode marketplace

« Nous voulons recréer le métier de compensation & benefits manager via une plateforme technologique de gestion multi-avantages. Nos entreprises clientes ont le choix entre plusieurs fournisseurs de complémentaires santé et de prévoyances collectives et nous finaliserons la partie épargne salariale d’ici fin 2022 », évoque le dirigeant de la société.

« Pour la partie complémentaire santé qui est le premier avantage salarié attaqué par Benefiz, nous travaillons avec 3 partenaires pour alimenter notre marketplace :

  • Aésio Mutuelle (Aéma Groupe),
  • Swisss Life,
  • une offre AXA va bientôt apparaître.

Pour l’épargne salariale, nous allons bientôt exploiter notre propre plateforme avec une architecture ouverte à une douzaine de fonds orientés ISR et ESG », indique Christophe Triquet.

Les modèles de marketplace sur la complémentaire santé, la prévoyance collective et l’épargne salariale s’appuient essentiellement sur un système de commissionnement en fonction du volume de souscriptions par salarié en entreprise.

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