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Avantages salariés : HappyPal adresse des enjeux RH avec des composants FinTech

Par Philippe Guerrier | le | Bien-être au travail

La plateforme HappyPal, qui permet aux CSE et aux DRH de gérer les avantages salariés en entreprise, lève deux millions d’euros malgré une « double difficulté » au démarrage, relate la cofondatrice Rim Zerhouni.

Rim Zerhouni et Alyssa Emmungil, cofondatrices de HappyPal : à l’assaut des avantages salariés - © D.R.
Rim Zerhouni et Alyssa Emmungil, cofondatrices de HappyPal : à l’assaut des avantages salariés - © D.R.

(Update 30/07/21) Une nouvelle jeune pousse prétendante s’est mise dans les starting-blocks : HappyPal, qui a levé début 2021 un montant de 2 millions d’euros auprès du fonds d’investissement britannique Anthemis.

Elle exploite une application mobile pour accéder aux réductions (10 000 offres en provenance de Spotify, Netflix, Apple, FNAC-Darty, Disneyland….) et à un portefeuille digital (wallet en anglais).

Après la création de la start-up survenue fin 2019, les deux cofondatrices - Rim Zerhouni et Alyssa Emmungil - rencontrent rapidement « une double difficulté » conjoncturelle et structurelle.

« Primo, nous avons démarré nos activités alors que la crise Covid-19 s’amorçait en mars 2020. Secundo, dans le secteur FinTech en France, moins d’1 % des investissements sont consentis dans des start-ups fondées par des femmes », relate Rim Zerhouni.

« Nous avons rencontré une dizaine de fonds d’investissement. In fine, nous avons eu cinq propositions et choisi de travailler au final avec Anthemis dans les conditions financières que nous souhaitions. Le closing est intervenu en janvier 2021. »

Rim Zerhouni justifie ce choix : « Le fonds britannique Anthemis de portée internationale n’investit pas particulièrement en France mais il dispose d’une spécialisation 100 % FinTech. Avec HappyPal, nous adressons des enjeux RH avec des composants FinTech qui apporte de la transparence et de la fluidité dans la gestion des flux. Nous avons aussi des ambitions fortes à l’international. »

Le plan d’attaque est établi. « Avec cette levée de fonds, nos priorités de développements sont d’investir sur l’innovation produit et de poursuivre le recrutement pour mieux structurer l’équipe (service clients, opérations, partenariats…) », évoque Rim Zerhouni.

HappyPal : un nouvel acteur en lice de la digitalisation des programmes d’avantages salariés - © D.R.
HappyPal : un nouvel acteur en lice de la digitalisation des programmes d’avantages salariés - © D.R.

La RATP embarquée chez HappyPal

Malgré les obstacles initiaux, HappyPal s’accroche et parvient à décoller en affichant sa distinction à partir de mai 2020. « Nous voulons faire une application sur les avantages salariés axée sur le bien-être du salarié et pas seulement sur le pouvoir d’achat », précise la cofondatrice.

« Nous proposons des programmes personnalisés et holistiques d’avantages salariés qui prennent en compte la culture des entreprises et qui proposent des marques associées aux nouveaux usages de consommation. Nous pouvons aussi intégrer les avantages que les CSE d’entreprises ont pu collecter de leur côté. Cela ne se concrétise pas seulement par une réduction de prix mais aussi par une nouvelle proposition de services orientés QVT. »

Généralement, les avantages salariés sont négociés auprès d’un réseau de partenaires (marques, enseignes, fournisseurs de services, billetteries…). « Mais nous pouvons aussi avancer en propre sur des titres-cadeaux par exemple. Nous avons un pilote dans ce sens », signale Rim Zerhouni.

En guise de bilan d’étapes, HappyPal revendique 100 000 utilisateurs et 150 clients aux profils divers : les branches françaises de sociétés technologiques internationales (Spotify, Booking.com …), des start-ups d’origine française (Ynsect, Withings, Heetch) mais aussi des entreprises plus traditionnelles comme Porsche, les bijouteries Maty, Krys Groupe ou la RATP.

Ainsi, le CSE de la régie des transports parisiens cherchait en fin d’année dernière une solution digitale pour s’extirper du mode de guichet physique de gestion des parties billetteries et autres avantages salariés et pour favoriser une plateforme digitale. 40 000 agents RATP sont onboardés en l’état actuel. Une double frustration (difficulté de gestion et faible satisfaction) que Rim Zerhouni cerne bien pour avoir occupé auparavant un mandat d’élue CE.

En l’état actuel, HappyPal gère un volume transactionnel de plusieurs dizaines de millions d’euros.

L’équipe, actuellement composée de 35 personnes, devrait frôler la cinquantaine d’ici la fin de l’année.

HappyPal propose à ses clients un système d’abonnement mensuel, annuel ou pluri-annuel pour exploiter sa plateforme BtoB. Il n’existe pas de frais de mise en place pour les partenariats établis avec les fournisseurs.

Une pléthore de start-ups engagées

Après Swile, Club Employés ou Worklife, la liste des start-ups évoluant sur le marché des avantages salariés s’allongent donc.

« Initialement, nous avions pris position sur un marché d’entreprises primo-accédantes. En France, entre 40 % et 60 % des entreprises ne disposent pas de programme d’avantages ou d’outils pour gérer ce type de programme », analyse Rim Zerhouni.

« Si les groupes du CAC 40 sont généralement équipés, ce n’est pas le cas de la majeure partie des PME. Actuellement, 40 % de notre portefeuille se composent de clients ayant changé de programmes d’avantages salariés. Notre concurrent principal Edenred est présent sur ce marché de remplacement. »

Décidément, que d’adversaires pour détrôner le roi du Ticket Restaurant et d’autres services privilégiés pour le bien-être des collaborateurs en entreprise.

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