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Frédéric Bastok, Peopulse : « Nous voulons changer d’échelle dans les solutions de gestion d’intérim »

Par Philippe Guerrier | le | Intérim

Le nouveau CEO de Peopulse, éditeur de solutions de gestion du personnel intérimaire (propriété du groupe Crit), aborde ses ambitions, le marché et la concurrence.

Frédéric Bastok, nouveau CEO de Peopulse : sa première interview dans ses nouvelles fonctions - © D.R.
Frédéric Bastok, nouveau CEO de Peopulse : sa première interview dans ses nouvelles fonctions - © D.R.

Sur fond de transition de direction, Peopulse dispose d’un nouveau CEO : Frédéric Bastok, un pionnier du numérique et expert des logiciels RH. Ce fournisseur de solutions logicielles développe une plateforme pour gérer le personnel intérimaire, en collaboration avec les agences d’intérim.

Propriété du groupe de travail temporaire Crit (qui a affiché pour sa part un chiffre d’affaires de 1,7 millliard d’euros en 2020), Peopulse garde néanmoins une certaine indépendance. « Cet ancrage natif depuis la création de Peopulse en 2007 est intéressant d’un point de vue industriel mais nous restons autonomes vis-à-vis de notre maison-mère pour travailler avec toutes les agences de travail intérimaire », précise Frédéric Bastok.

Dans un entretien pour RH Matin, il aborde ses nouvelles fonctions, ses mission et le champ concurrentiel de Peopulse. Il revient sur des expériences professionnelles précédentes comme celle de directeur d’activité logicielle au sein du groupe LexisNexis (fournisseur de documentation juridique) mais aussi sur ses passages chez SilkRoad Technology et Mr Ted devenu SmartRecruiters.

Dans quel contexte êtes-vous arrivé à la direction de Peopulse ?

J’ai pris ma nouvelle fonction chez Peopulse dans le courant de l’été 2021. La jonction avec l’ex-CEO Hugues Facchetti, qui vient de quitter la société, a été réalisée avec mon arrivée. Le relais s’est fait en bons termes. Je connaissais bien l’univers des RH et ses logiciels de gestion. Je découvre celui de l’intérim avec ses spécificités.

Ma lettre de mission consiste à faire croître Peopulse et de préparer une roadmap qui correspond aux besoins de nos clients.

Mon principal objectif est de doubler le chiffre d’affaires pour le faire passer de 5 à 10 millions d’euros et de changer d’échelle.

Comme levier principal, nous avons un travail de lead generation et de développement du produit à réaliser pour capter de nouveaux clients. Nous devons aussi favoriser les relations avec les entreprises de travail temporaire (ETT) qui sont des clients directs ou des prescripteurs indirects.

Il existe aussi des enjeux de rétention et de satisfaction de nos clients actuels avec lesquels nous voulons approfondir le business.

Pour la rentrée, sur le marché de l’intérim, nous observons une reprise en dents de scie. Des secteurs traditionnellement consommateurs d’intérim comme l’automobile sont pénalisés par la pénurie actuelle de composants électroniques. L’industrie est aussi pénalisée par l’augmentation des matières premières.

Comment s’est passée votre transition entre le monde de l’édition logicielle liée à la documentation juridique et celui de l’intérim ?

Ce sont des univers différents mais cela reste du logiciel. L’ordre de grandeur de business est équivalent. Idem en termes d’effectif. Dans la business unit logiciel de LexisNexis, je disposais d’une équipe de 70 personnes. L’activité principale de ce groupe demeure la documentation juridique, même si l’année 2021 sera exceptionnelle sur la partie logicielle.

J’ai passé quatre années passionnantes chez LexisNexis mais cette opportunité de prise de poste chez Peopulse est intéressante et elle me convient en termes de défis business, produit et satisfaction client.

Une base solide pour poursuivre le développement

« Nous disposons déjà d’une belle base de clients avec des grands comptes qui fonctionnent déjà bien », précise Frédéric Bastok. Voici quelques indicateurs en guise de repères :
3500 sites clients avec des profils plutôt orientés grosses PME,
• plus de 7000 ETT partenaires,
• la gestion de plus de 2 millions de contrats par an,
1,5 milliard d’euros de dépenses réalisées par nos clients à travers notre plateforme, qui s’intègre avec les principales solutions SIRH, GTA et ERP
un effectif de 50 personnes. Le siège social est à Colombes (Hauts-de-Seine), l’équipe technique (15 personnes) est localisée à Toulouse (Haute-Garonne).

Qui sont les principaux concurrents de Peopulse ?

Nous évoluons sur un marché fortement concurrentiel marqué par une tension sur les prix à négocier. En l’état actuel, nous sommes clairement un des challengers de PIXID, qui constitue l’acteur historique le plus connu sur le marché. Nous avons aussi DirectSkills comme concurrent principal. Il existe d’autres acteurs sur le marché.

PIXID a choisi d'élargir ses activités d’éditeur de logiciels pour ETT à celles de l’ATS et a développé ses activités à l’international [ndlr : avec un chiffre d’affaires de 26,1 millions d’euros en 2020]. En ce qui concerne Peopulse, nous allons nous concentrer sur le marché français.

Vous avez été vécu d’autres expériences professionnelles intéressantes dans les logiciels HR. Entre 2011 et 2015, vous avez collaboré avec SilkRoad Technology…

Cet éditeur britannique de solutions de talent management avait un produit phare orienté sur l’onboarding. J’ai notamment occupé le poste de Country Manager France entre octobre 2015 et janvier 2017. Peu de temps après, SilkRoad a décidé de quitter le marché français pour se concentrer sur le marché anglo-saxon. A l’époque, il souhaitait refondre le produit, ce qui représentait un investissement non négligeable.

Entre 2006 et 2008, vous avez également travaillé avec Jérôme Ternynck sur feu le logiciel ATS Mr Ted. Comment analysez-vous la suite de son parcours avec SmartRecruiters ? 

Le parcours de Jérôme est très impressionnant bien sûr. Il a su créer un leader sur le marché des outils de recrutement en corrigeant certaines erreurs faites avec Mr Ted, donc bravo. Vu de l’extérieur, il a une très belle équipe et un très bon produit.

Sur le marché des logiciels de recrutement, la plupart des pure players se sont diversifiés ou ont été rachetés (comme RFlex acquis par Talentsoft en 2011), il en reste finalement assez peu d’une taille significative. Cela aide aussi SmartRecruiters : quand vous cherchez un pure player, vous avez finalement assez peu de choix.

PS : vous pouvez également lire une passionnante enquête des Numériques sur l’engagement de Frédéric Bastok lié à la distribution libre Mandrake au début des années 2000.

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