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Complémentaire santé : Alan lève 185 millions d’euros pour assurer les salariés en entreprise

Par Philippe Guerrier | le | Bien-être au travail

Alan, la nouvelle « licorne » de la French Tech, vise les DRH avec son offre d’assurance complémentaire santé. Le point sur le développement avec Ludovic Bauplé, Vice-Président Business d’Alan.

Ludovic Bauplé, Vice-Président Business d’Alan : dynamiser le marché de l’assurance santé par le BtoB - © D.R.
Ludovic Bauplé, Vice-Président Business d’Alan : dynamiser le marché de l’assurance santé par le BtoB - © D.R.

Alan devient un partenaire sérieux pour l’assurance complémentaire santé à destination des salariés en entreprise. La société au profil technologique, qui se revendique comme la première assurance santé indépendante à recevoir un agrément de l’Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR) depuis 1986, accélère son développement.

Jean-Charles Samuelian et Charles Gorintin
Jean-Charles Samuelian et Charles Gorintin - © Vinciane Lebrun / Voyez-Vous

 Cofondée 2016 par Jean-Charles Samuelian et Charles Gorintin, elle vient de boucler une levée de fonds de 185 millions d’euros (cf encadré en bas d’article). Une belle pointe pour la French Tech qui permet à Alan de revendiquer le statut de « licorne » (la valorisation de la société dépasse le milliard d’euros).

« Notre ambition est d’être un partenaire santé leader en Europe. Nous nous sommes déjà lancés fin 2020 en Espagne et en Belgique », a déclaré Ludovic Bauplé, Vice-Président Business d’Alan, dans un entretien accordé à notre partenaire média News Tank.

Alan a pour objectif de couvrir 1 million de personnes et prévoit d’être rentable en France fin 2023. « Nous réalisons 90 % de notre activité en BtoB.

En dehors de la création d’entreprise, l’assurance complémentaire santé est un véritable marché de renouvellement.   »Associé au volet prévoyance, il s’élève à 50 Md€ en France», évoque Ludovic Bauplé. Pour le volet de la prévoyance, un accord commercial a été établi avec CNP Assurances depuis 2017.

« Nous ne discountons pas le marché mais nous proposons des prix justes »

« Nos principaux interlocuteurs en entreprises sont les DRH , les Compensation & Benefits Managers et les responsables de la paie. Nous avons aussi les personnes en charge des affaires sociales et les directeurs financiers à un degré moindre et les CEO qui souhaitent s’investir sur le sujet. En dernier lieu, les CSE interviennent fréquemment dans un cadre de consultation », explique Ludovic Bauplé.

L'évolution du cadre législatif devrait favoriser le business. « Aujourd’hui, le changement d’assureur s’est flexibilisé ou fluidifié. La loi a changé en fin d’année dernière* : toute entreprise qui dispose d’un contrat d’assurance santé depuis plus d’un an peut résilier à tout moment et souscrire à un nouveau contrat pour le mois suivant. Pour les DRH, c’est une grande nouveauté en termes de souplesse pour optimiser ce volet-là. »

Les premières positions prises par Alan sont stimulantes :

  • 9400 entreprises clientes avec des références comme WeWork, Deliveroo, JustEat, Vitalliance et Big Mamma;
  • 155 000 utilisateurs ;
  • un effectif de 350 personnes (+400 recrutements escomptés d’ici fin 2023) ;
  • un niveau actuel de « 100 millions d’euros de revenus annualisés », sachant que le modèle d’Alan repose sur la vente de contrats d’assurance santé essentiellement à destination des entreprises puis aux particuliers et aux travailleurs indépendants dans une moindre mesure.

« En dehors du marché des startups, nous avons pris position sur dans le segment HCR (hôtels-cafés-restaurants) et le marché des services à la personne. Depuis 18 mois, nous avançons bien dans trois autres secteurs :

  • l’industrie ;
  • le retail ;
  • le commerce de gros », énumère Ludovic Bauplé.

« Nous avons quatre briques pour nous différencier :

  • la simplicité pour les administrateurs de comptes d’entreprises et les salariés ;
  • la réactivité avec des remboursements et des réponses rapides ;
  • la transparence demandée par les équipes RH (accès permanent aux cotisations et aux dépenses à travers une console d’administration centralisée) ;
  • un véritable avantage bien-être : Alan propose un certain nombre de services qui permettent de vous soigner mieux et plus vite », évoque Ludovic Bauplé.

Sur la politique de tarifs, le représentant d’Alan se justifie. « Nous n’avons pas vocation à proposer des prix moins chers. On ne discount pas le marché. Nous proposons des tarifs justes au regard des dépenses de santé et des prix de cotisations. En revanche, avec cette proposition de valeur, nous fournissons davantage de services intégrés sur notre plateforme qui font la différence sur le rapport qualité-prix », déclare Ludovic Bauplé.

Interfaçage approfondi avec les SIRH

A travers son application utilisateur, Alan propose :

  • de l’information personnalisée ;
  • des rappels de prévention automatiques ;
  • une fonction de chat sur les questions médicales ;
  • de la téléconsultation ;
  • le paiement, le remboursement et le suivi de soins.

Dans le cadre de son développement technologique, Alan propose des projets d’interfaçage poussés.

Pour les entreprises françaises, Alan compte développer de nouvelles fonctionnalités dans le sens de :

  • l’automatisation des démarches RH ;
  • l’affiliation des employés à l’assurance santé et à la prévoyance ;
  • la gestion des fiches de paie et des arrêts de travail

« Nous avons déjà facilité l’intégration avec des SIRH leaders du marché. Nous pouvons aller plus loin à travers des systèmes d’API [ndlr : Application Programming Interface]. Nous parlons d’interfaçage. Nous ne deviendrons pas pour autant un système de paie pour les entreprises », évoque Ludovic Bauplé.

* Ouverture de la résiliation infra-annuelle des contrats de complémentaire santé, sans frais ni pénalité, à compter du 1er décembre 2020

Qui soutient la 12ème licorne française ?

Alan avance très vite. Avec cette nouvelle levée de fonds de 185 millions d’euros, la valorisation de la société atteint 1,4 milliard d’euros.

Depuis sa création en 2016, Alan a levé 275 millions d’euros en cumul.

Le 19 avril, les noms des investisseurs qui ont participé à ce nouveau round de financement ont été dévoilés :

• la société d’investissement Coatue Management (USA) ;
• le fonds Dragoneer (USA) ;
Exor (véhicule d’investissement de la famille Agnelli en Italie).

Déjà présents dans le capital de la société en ayant participé à des tours précédents de financements, les fonds Index Ventures, Ribbit Capital et Temasek ont « renouvelé également leur confiance à l’équipe » à l’occasion de ce nouveau tour de table.

Dans les détails du financement, précisons qu’il s’agit d’un montant de 150 millions d’euros levés. Le reliquat (35 millions euros supplémentaires) représente des parts vendues par des employés sur le marché secondaire et des parts d’investisseurs historiques qui se désengagent.

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